Politique

Mains aux fesses, “concert de vagins” : des femmes politiques témoignent du sexisme au pouvoir

Que ce soit dans les années 80 ou à ce jour, les comportements sexistes hantent les lieux de pouvoir français. Certaines femmes politiques ont partagé leur vécu dans les colonnes du “Parisien”, dimanche 12 février.

Longtemps entre les mains des hommes, le pouvoir politique se partage désormais à parts égales, selon les différents gouvernements. Dans les colonnes du Parisien, des femmes politiques, d’aujourd’hui comme d’hier, ont témoigné du sexisme décomplexé qui sévit dans les arcanes du pouvoir bien que la tendance soit à l’amélioration. Parmi les pionnières en la matière, Roselyne Bachelot s’apprête à prendre pour la première fois la parole à l’Assemblée nationale quand un député lance : “Tiens, voilà le concert des vagins !” Une situation douloureuse, mais pas nouvelle pour celle qui sera par la suite ministre de la Santé, puisque sept ans auparavant, après avoir remporté un canton inespéré, un de ses chefs déclara : “Si on avait su que c’était possible, on aurait envoyé un homme.” Figurant parmi les pionnières, Michèle Alliot-Marie a, elle aussi, dû jouer des coudes pour se faire une place. Quand dans les années 90, un politique ose lui caresser les fesses, elle réplique avec un verre d’eau à la figure assorti d’un “Ça suffit !”.

Les réflexions sexistes diminuent, mais restent présentes

En 2023, les choses ont avancé. Une loi sur la parité et le mouvement MeToo sont passés par là. Mais les comportements sexistes continuent de gangréner les travées du pouvoir français. Cheffe de l'exécutif, Élisabeth Borne peut en témoigner : “J’entends des critiques parfois, y compris sur mon alimentation. Le ferait-on si je n’étais pas une femme ? Je me pose la question.”

Idem pour Aurore Bergé, revenue après une grossesse et sujette à des remarques qui ont agacé une des conseillères du Gouvernement : “Si vous revenez trop tôt, vous êtes une mauvaise mère ; trop tard, vous êtes accusée de négliger votre poste.” Au prix d'une lutte perpétuelle pour la parité, les postes les plus importants et prisés sont de plus en plus confiés à des femmes. Najat Vallaud-Belkacelm, ancienne ministre de l’Éducation nationale, en est l’exemple. “C’est lorsque les femmes sont en minorité que leur parole n’est pas écoutée”, synthétise-t-elle.

publié le 12 février à 12h33, Orange avec 6Medias

Liens commerciaux