France

Fin du droit du sol à Mayotte : la mesure fait débat, la classe politique se déchire

© Lemor David/ABACA - Un bidonville à Mayotte, le 24 novembre 2022.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé la suppression du droit du sol dans ce département d’Outre-mer. L’île est notamment concernée par un afflux de migrants. Mais si la mesure ravie la droite de l’échiquier politique, la gauche, elle, est vent debout.

Le droit du sol ne s’appliquera plus à Mayotte. L’annonce a été faite, dimanche 11 février, par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en déplacement dans le département d’Outre-mer situé dans l’océan Indien, comme l’a rapporté Le Monde. Une révision constitutionnelle sera prochainement engagée pour mettre fin à ce principe qui permet à un enfant de parents d’étrangers d’acquérir la nationalité française s’il naît sur le sol mahorais.

Pour le gouvernement, cette décision est gouvernée par "la question migratoire". À Mayotte, le taux de pauvreté est le plus élevé de France. Au total, près de la moitié des habitants de l’archipel sont des immigrés, selon l’Insee. Depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire de l’île se tend. Des collectifs citoyens se sont formés pour protester contre l’afflux de migrants.

La droite et l’extrême droite alignées

Dans la classe politique, cette mesure a suscité un flot de commentaires. À l’extrême droite du spectre, le Rassemblement national (RN) et Reconquête ont fait part de leur satisfaction, tout en réclamant une extension de cette suppression au territoire métropolitain. "Supprimer le droit du sol (…) à Mayotte mais" aussi "en France métropolitaine (…)" est de "raison" a commenté le président du RN, Jordan Bardella, sur franceinfo.

Même proposition chez le président de Reconquête !, Éric Zemmour, sur le réseau social X, et Marion Maréchal. "Ce que vivent aujourd’hui les Mahorais, la métropole le vivra dans quelques années", a martelé sur X la tête de liste de la formation identitaire aux prochaines élections européennes. La frontière entre l’extrême droite et la droite tend à s’affaisser. En témoignent les propos du patron de LR, Éric Ciotti, qui a appelé à une suppression du droit du sol en "France métropolitaine", sur X.

À gauche, de nombreuses voix ont fait part de leur consternation. La tête de liste des Écologistes au prochain scrutin européen, Marie Toussaint, a fustigé sur X une "démolition des valeurs" qui "ne résoudra pas les difficultés du territoire". "Est-ce que la révision constitutionnelle du droit du sol va changer quoi que soit à la situation à Mayotte ? Je ne le crois pas", a abondé l’un des ténors du Parti socialiste, Boris Vallaud, sur France 3. Face à la crise sociale, le coordinateur national de La France Insoumise, Manuel Bompard, a proposé d'accueillir "une partie des mineurs dans l'Hexagone", sur CNews.

publié le 12 février à 09h45, Antoine Grotteria, 6Medias

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