Wuhan : la vie sans le virus

par LCI

  • info

Tous les week-ends, la fête bat son plein dans une boîte de nuit bondée. Oublié les gestes barrières, les Wuhanais renouent avec l'insouciance. Même foule dans la ville. Tous les commerces sont rouverts. Le port du masque n'est plus obligatoire. "Wuhan a vaincu le covid", dit fièrement un habitant. De nuit comme de jours, la ville de 11 millions d'habitants bouillonne à nouveau. Et ça commence dans les embouteillages. "Les gens sont revenus et notre ville est maintenant la plus sûre de Chine", assure Luo Fang, chauffeur de taxi. Tellement sûr, selon les Chinois, qu'ils viennent désormais de tout le pays pour photographier Wuhan, la survivante. Le parc emblématique de la ville accueille 40% de visiteurs en plus que l'année dernière. Dans l'hôtel haut de gamme, Hôtel Hyatt, le directeur de la restauration, Cédric Martin, est soulagé. Aujourd'hui, 70% des chambres sont occupées. Un résultat inespéré. "Nous avons perdu bien sûr notre clientèle internationale, car la Chine a fermé ses frontières. Mais on a récupéré d'autres clients, les clients internes", explique-t-il.En février dernier, le Français accueillait une tout autre clientèle. Au plus fort de la crise, les autorités envoient à Wuhan 8 000 médecins et infirmières en renfort. À l'hôtel, 300 chambres sont réquisitionnées pour les héberger en urgence. "La première semaine, ils se sont coupé les cheveux. Certaines filles se rasaient la tête, et d'autres se coupaient juste dessous pour pouvoir mettre leur masque", se rappelle Cédric Martin.L'hiver dernier, Wuhan était figé dans le silence. Les habitants sont fermés chez eux. Interdiction de sortir. Deux mois de confinement drastique. Depuis avril, le bilan des décès n'a pas changé. Officiellement, 4 634 au total. Dans une Chine autoritaire, rares sont ceux qui osent questionner ces chiffres. Suspicieux ou pas, la plupart des Wuhanais n'ont pas tombé le masque. Question d'habitude ou de précaution.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.