VIDÉO. Comment rendre le vélo plus accessible pour les femmes ?

par Ouest France - La sélection de la rédaction

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Qu'il soit un sport ou un moyen de transport, le vélo est encore majoritairement masculin. C'est particulièrement vrai au sein des clubs sportifs, où les licenciées représentent autour de 10%. Quels sont les freins à une pratique plus féminisée ? Comment parvenir à les lever ? On fait le point avec Louise Roussel, autrice de « À vos cycles ! Le guide du vélo au féminin ». Cette passionnée de bicyclette prône une pratique du vélo décomplexée, peu onéreuse et émancipatrice pour les femmes. À condition de médiatiser les exemples, d’accueillir avec bienveillance les amatrices et d’ouvrir les grands événements cyclistes aux femmes.En quoi le vélo est-il encore très masculin ? Les femmes sont minoritaires dans la pratique du vélo, surtout dans les milieux sportifs. Dans les clubs, à la Fédération de cyclisme, ce n'est que 10%. Et quand on est sur des évènements de plus longues distances, alors on tombe à 7%. Et si on sort des routes à 3%. En ville, elles seraient à peu près 40% des utilisateurs de vélo, ce qui est important, même si ce n'est pas la parité. Comment expliquez-vous ce décalage ? Les raisons sont multiples. Historiquement, le vélo a souvent été freiné pour les femmes par les hommes, parce que c'était vu comme un objet obscène, parce que c'était vu comme quelque chose qui pouvait entacher la virginité des jeunes femmes. De manière générale, les femmes occupent moins l'espace public, occupent moins les espaces de pouvoir, les espaces politiques et du coup, le milieu de la performance aussi à vélo. De tout cela découle qu’il y a moins de femmes dans les fédérations, il y a moins de femmes dans les clubs, il y a moins de femmes dans l'industrie du vélo et dans la conception des produits. Et donc, on a des produits qui sont plutôt conçus pour les hommes. En outre, je pense qu’il existe une peur de la mécanique, la peur de ne pas savoir réparer une crevaison. La question du temps joue aussi. Généralement, ce sont les femmes qui ont les tâches ménagères et domestiques à gérer. Du coup, ça offre moins de temps pour s'entraîner. Comment peut-on y remédier ? Ça passe énormément par les exemples, par la médiatisation des femmes qui font du vélo et des femmes qui font de la performance. Pour ça, il y a des initiatives comme Donnons des Elles au vélo, une association qui travaille beaucoup là-dessus en faisant le Tour de France un jour avant les professionnels. Ces filles-là ont fait que l'année prochaine, normalement, il devrait y avoir un Tour de France féminin. Ensuite je pense qu'il faut dédramatiser la mécanique et aussi accueillir avec bienveillance les nanas quand elles arrivent dans les clubs. Quels conseils donnez-vous à celles qui veulent se lancer ? C'est important au départ de faire attention à son équipement sans pour autant mettre beaucoup d'argent, parce que, moi, je prône le vélo super accessible et peu coûteux. Mais prendre le temps de bien choisir son cuissard et sa selle, ça peut quand même faciliter le retour le lendemain sur le vélo. Globalement, je pense que la première chose pour se lancer, que ce soit en voyage, en randonnée ou autre, c'est de cultiver sa naïveté. C'est hyper important d'y aller avec beaucoup de naïveté, avec beaucoup d'humilité et de se dire « Bon au pire, les gens sont quand même bienveillants et je trouverai toujours un coup de main sur la route. » Dédramatiser la mécanique, dédramatiser le fait de partir seule en voyage. Ça va bien se passer ! « À vos cycles ! Le guide du vélo au féminin », Louise Roussel, Tana Éditions

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