Présidentielle 2022: Eric Zemmour, écueil pour le RN et LR

par l'Opinion

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Eric Zemmour entretient le flou quant à une éventuelle candidature à l’élection présidentielle. Crédité entre 7 et 8 % d’intentions de vote selon les sondages et les hypothèses, le polémiste de CNews pourrait venir perturber le match à droite. Berard Sananès, président de l’institut Elabe : « Huit Français sur dix le connaissent, c’est plus, par exemple, que beaucoup de ministres. Deuxièmement, c’est une personnalité clivante parce qu’on a six Français sur dix qui ont une mauvaise image d’Eric Zemmour, c’est le même niveau de mauvaise image que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. Et troisièmement, c’est une personnalité qui, effectivement, dispose déjà d’un socle d’image qui n’est pas négligeable : un Français sur cinq – 19% exactement – ont une bonne image d’Eric Zemmour. » Et le chroniqueur séduit des électeurs d’extrême droite comme de droite. Berard Sananès : « Quatre électeurs de droite sur dix ont une bonne image d’Eric Zemmour. C’est un tout petit moins chez Marine Le Pen mais c’est très proche, plus d’un tiers, 36 %. » « Quand je présente mes livres, ça fait dix ans, il y a des gens du Front national ou du Rassemblement national, il y a des gens de LR », observait le chroniqueur du Figaro fin août. Une candidature d’Eric Zemmour viendrait donc chahuter le Rassemblement national et Les Républicains. Berard Sananès : « Je ne sais pas dire aujourd’hui si ça bousculerait plus la droite que le Rassemblement national. » Ludovic Vigogne, journaliste au service politique de l’Opinion : « Une candidature d’Eric Zemmour ferait perdre des points au candidat LR quel qu’il soit selon les premiers sondages. Eric Zemmour prendrait des points à Marine Le Pen, à Nicolas Dupont-Aignan, mais il en prendrait aussi au candidat des Républicains donc sa candidature n’est pas, par définition, une bonne nouvelle pour Les Républicains. C’est ensuite une mauvaise nouvelle parce qu’Eric Zemmour va entrer en campagne à un moment très particulier pour le parti de Christian Jacob. Il n’a pas de candidat, on le sait, personne n’est le candidat naturel, personne ne s’impose comme le champion sur la ligne de départ pour l’Elysée. Les Républicains n’ont pas encore de méthode pour trouver leur candidat. Donc Eric Zemmour va se lancer à un moment où Les Républicains sont un peu perdus, sont un peu dans le noir, où les militants sont en plein désarroi et il peut profiter de cela. » Quant à la stratégie à adopter face à Eric Zemmour, Les Républicains sont très partagés. Ludovic Vigogne : « Il y a ceux qui considèrent qu’il faut l’attaquer à bras raccourcis, n’être jamais aimable avec lui, le cibler comme un autre candidat et il y a ceux qui ont un discours un peu plus indulgent vis-à-vis de lui, qui assurent avoir de la sympathie pour lui mais être en désaccord politiquement. Eric Zemmour va venir sur les sujets que la droite veut mettre au cœur du débat présidentiel. Le régalien, Les Républicains estiment que c’est le point de faiblesse d’Emmanuel Macron. Eric Zemmour va faire de la surenchère sur ce sujet-là. Est-ce qu’il peut dépasser par leur droite Les Républicains ? Ce sera un sujet à régler pour le parti de Christian Jacob. Si Les Républicains hésitent autant, c’est qu’ils estiment qu’Eric Zemmour va prendre d’abord des voix à Marine Le Pen et que ça peut avoir une conséquence importante pour eux : le seuil de qualification au second tour sera plus bas et que Marine Le Pen n’est pas obligatoirement qualifiée pour le second tour comme on l’a beaucoup dit ces derniers mois. Ça peut laisser espérer au candidat des Républicains d’être à touche-touche avec la candidate du Rassemblement national et, «au finish», de se qualifier au second tour. Donc, on le voit, Eric Zemmour est un vif sujet d’inquiétude mais c’est aussi, quelque part, un espoir, paradoxalement, parce qu’il pourrait aider le candidat de la droite à se qualifier au deuxième tour et à affronter Emmanuel Macron, contrairement à ce que, ces derniers mois, on disait au sujet d’un duel Macron-Le Pen qui semblait inéluctable. » « Tout le monde a compris au RN qu’elle (Marine Le Pen) ne gagnerait jamais », déclarait encore Eric Zemmour fin août. « Eric Zemmour ne me fait pas peur », affirmait pour sa part le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella ce lundi sur Franceinfo. Pourtant, une candidature d’Eric Zemmour pourrait déstabiliser Marine Le Pen. Berard Sananès : « Cela oblige Marine Le Pen, finalement, à changer de stratégie de campagne. Et ça, c’est l’élément qui, pour moi, est essentiel pour Marine Le Pen. Jusqu’à présent, Marine Le Pen s’était toute entière tournée vers une campagne de second tour. Son sujet, ce n’était pas le premier tour, les sondages la donnaient largement qualifiée, souvent au même niveau, voire des fois plus qu’Emmanuel Macron. Mais le premier tour n’était pas son problème, elle était sur son champ concurrentiel quasiment toute seule. Si Eric Zemmour est candidat, elle va devoir ferrailler – alors évidemment, si Eric Zemmour est à 5% et si il est à 10%, ce n’est pas tout à fait la même chose – pour affirmer son leadership sur ce courant de pensée au premier tour. Si Eric Zemmour perçait dans les sondages, ça l’obligerait à changer de stratégie et à, sans doute, revenir sur ses fondamentaux, notamment en matière d’immigration, en matière de lutte contre l’islam radical, pour marquer le premier tour et reprendre puis garder son avance par rapport à Eric Zemmour. Il peut affaiblir les familles de la droite à l’extrême droite mais il ne semble pas en mesure de pouvoir les unir, les rassembler, ce qui était son objectif. » Musiques : Titre: Chill Trap Auteur: Aries Beats Source: https://www.youtube.com/aries4rce Licence: https://creativecommons.org/licenses/ Téléchargement (10MB): https://auboutdufil.com/?id=558 Not Too Quiet - Zikweb

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