Opération Barkhane : des questions sur la présence militaire française au Sahel

par LCI

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L'avenir de l'opération Barkhane se joue peut-être en ce moment entre Emmanuel Macron et cinq chefs d'Etat de la région. C'est l'une des opérations les plus longues et coûteuses de l'armée française. Près d'un milliard d'euros dépensés chaque année dans ce conflit au cœur du Sahel. Les moyens sont considérables, 5 100 femmes et hommes déployés essentiellement au Mali, au Niger et au Tchad, avec le soutien d'avions et hélicoptères anglais, espagnols et allemands notamment.Après huit ans de guerre, quel est aujourd'hui l'état de la menace ? C'est un équilibre précaire. Si l'EIGS, la branche locale de Daech, est considérablement affaiblie, en revanche, son rival RVIM affilié à Al-Qaïda est aujourd'hui la principale menace. De l'avis de tous les experts militaires, il est encore trop tôt pour partir. "Si on part du Mali, on réduira la pression qu'on exerce sur les forces ennemies. Celles-ci se renforceront face à des armées locales qui restent encore très fragiles et les conséquences peuvent être dramatiques", évoque Michel Goya, historien militaire spécialiste des conflits et ancien colonel des troupes de marine.Quel bilan depuis le début de l'opération Barkhane ? 57 militaires français sont morts au combat. Combien dans le camp adverse ? Plus de 1 200 terroristes neutralisés, rien que l'an dernier d'après un rapport parlementaire avec des succès militaires indéniables. C'est ce qu'a rappelé le général François Lecointre, le plus haut gradé de l'armée française, en visite au Mali en décembre. Des forces locales renforcées mais encore loin d'être autonomes. C'est le but de la nouvelle opération Takuba, introduire des forces spéciales européennes dans leur rang pour les entraîner et les emmener au combat.

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