Les vignerons croulent sous les stocks

par LCI

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Philippe Betschart, viticulteur au Château Les Graves de Viaud à Pugnac, a encore sur les bras 25 000 bouteilles. "La moitié devrait déjà être partie en période normale", dit-il. Malgré les fêtes de fin d'année, son stock n'a pas beaucoup baissé. Son millésime 2018 reste même en cuve, faute de débouché. "C'est la fermeture des restaurants, c'est vraiment le facteur qui nous a le plus impacté. Que ce soit en France ou dans le reste du monde", pointe le viticulteur. Il n'exporte presque plus rien aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Chine et au Japon. "Si ça continue, on va plus avoir les capacités de se financer, de payer nos salariés, nos charges, nos emprunts. Donc, on veut juste déposer le bilan", déplore-t-il.En Dordogne, à côté de Monbazillac, même constat : trop de bouteilles en stock, des cuves pleines et de jeunes repreneurs fragilisés par la crise. Pour Blandine Geneste, viticultrice au domaine du Petit Paris, 2020 devait être l'année pour se faire un réseau professionnel. Mais ce n'est que du temps perdu et de l'inquiétude pour l'année à venir. "Notre crainte, c'est est-ce qu'on va réussir à démarcher de nouveaux cavistes ou de nouveaux restaurants", évoque-t-elle. Dans un entrepôt parisien, le distributeur a, lui, fait le choix de continuer à acheter des bouteilles pour soutenir ces vignerons. Pour écouler les stocks, malgré des restaurants fermés, il a fallu convaincre directement les internautes. Un travail considérable. Il faut photographier les bouteilles, les décrire avec précision et les publier sur un site remanié depuis le premier confinement. En 2020, ces ventes directes au particulier ont permis de limiter les pertes, mais à plus long terme, ce modèle ne semble pas tenable.

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