Le mystère du tunnel de Winterberg enfin élucidé

par LCI

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Nous étions sur les traces d'un drame effroyable. D'un fait de guerre enfoui depuis 103 ans. Il faut se replonger au printemps 1917. Dans le fracas de la Grande Guerre, des orages d'acier brûlant s'abattent sur le Chemin des Dames. L'armée française prépare l'un des assauts les plus meurtriers de l'histoire. Son artillerie tapisse de bombes les positions ennemies. Les Allemands, eux, s'enterrent. Ils ont creusé sous le plateau une ville souterraine, d'immenses tunnels pour alimenter le front en munitions et en homme. Le 4 avril 1917, à midi, un obus français s'abat. L'entrée du tunnel s'effondre. 250 soldats allemands sont pris au piège. Le Winterberg sera leur tombeau, à l'issue d'une longue asphyxie que racontera plus tard l'un des trois seuls survivants. " Très lent et horrible était le combat entre la vie et la mort. J'avais l'impression que la folie commençait à me fermer la gorge... J'ignore combien de temps nous sommes restés enfermés..."Ce drame a longtemps obsédé Alain Malinowski, historien et auteur de "Le Chemin des Dames", un enfant du pays, conducteur de métro le jour, historien la nuit. Car toutes les traces du tunnel ont disparu dans le chaos de la guerre, mais un indice va resurgir un siècle plus tard sur une vieille carte d'état-major issue des archives militaires. Alain Malinowski va alors arpenter la forêt de Craonne et en rapporter des dizaines de petits croquis pour faire tenter de correspondre à la carte de l'époque avec la réalité d'aujourd'hui. Alors dans la nuit du 1er janvier 2019, à la pelleteuse puis à la main, ils ouvrent le flanc de la colline et aussitôt, l'histoire du tunnel leur saute au visage. Leurs trouvailles sont cohérentes avec les récits de l'époque. Après avoir rebouché, les Malinowski ont prévenu les affaires culturelles. Plus d'un siècle après leur mort, les hommes du Winterberg pourraient bientôt être dignement inhumés dans la terre de leurs ancêtres de l'autre côté du Rhin.

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