Laurent Berger : "Cette crise nous démontre que les entreprises ont besoin de la puissance publique"

par franceinter

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT était l'invité de Questions politiques, dimanche 3 mai 2020.

Laurent Berger (CFDT) réclame une aide exceptionnelle de solidarité "de 250 euros par mois et par personne" pour les plus en difficulté

"Il y a beaucoup d'incertitudes et cela crée de l'angoisse et aussi beaucoup de souffrances dans ce confinement. Les annonces faites par le Premier ministre [à propos du déconfinement, NDLR] laissent beaucoup d'inconnues notamment pour des pans entiers de la population qui sont en difficultés", a estimé dimanche Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invité de Questions politiques sur France Inter. 

"Je parle de difficultés psychologiques, en partie. Dès le départ, la CFDT avait proposé qu'on mette en place un comité d'experts en sciences sociales pour savoir ce que la situation provoquerait en termes d'équilibre personnel et collectif dans la société", a détailléLaurent Berger qui s'inquiète notamment des personnes "qui ont perdu leur emploi, de celles qui n'ont pas assez pour vivre en temps normal et qui doivent supporter des charges supplémentaires, des jeunes qui seront sans solution de travail voire de formation."

Concernant le retour au travail des salariés, Laurent Berger estime "qu'on ne peut pas considérer que l'on va pouvoir tenir longtemps avec une activité totalement ralentie et la moitié des salariés du privé au chômage partiel". Mais lui et son syndicat réclament "qu’il n’y ait pas de déconfinement professionnel sans qu’il y ait des protocoles d’accord de reprise du travail" garantissant la sécurité sanitaire des salariés. 

D'ailleurs "il faut être intransigeant et ne pas donner la possibilité de rouvrir" aux entreprises, "comme Amazon" qui ne permettent pas de "reprendre l’emploi dans de bonnes conditions de santé et de sécurité".

Enfin, pour les plus fragiles, Laurent Berger réclame "une aide exceptionnelle de solidarité de 250 euros par mois et par personne à destination des ménages les plus en difficulté". Le secrétaire général de la CFDT a reconnu qu'un "premier geste avait été fait" mais que ce n'était pas assez. L'aide de l'État de 150 euros pour tous les allocataires du RSA et de l'ASS, et de 100 euros de plus par enfant n'est pas "suffisante". 

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