Hôpitaux : une saturation chronique en réanimation

par LCI

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De l'hôpital de Montluçon au CHU de Lyon, l'afflux des patients dans les services de réanimation ne tarit pas. Avec 139,5% de taux d'occupation des lits dans la région, les chiffres donnent le tournis. Certes, la crise sanitaire est inédite. Pour autant, cette tenson hospitalière n'a rien d'exceptionnel partout en France. "En permanence, nous travaillons à flux tendu, nos lits sont toujours pleins. À peine un patient sort, il est immédiatement remplacé par un autre qui nous est adressé soit par les services d'urgence soit par le Samu", explique le Pr Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique à l'hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris.Depuis 15 ans, les lits de réanimation n'ont cessé de diminuer. On en comptait 5 300 avant la venue de la Covid-19. Aujourd'hui, il en faut deux fois plus face à l'ampleur de la crise. Les soignants sont obligés de déprogrammer des soins pour récupérer du personnel qualifié. "Nous n'avons plus aucun personnel en réserve. La seule réserve aujourd'hui, ce sont les heures supplémentaires, la suppression des vacances et les étudiants qui arrêtent leurs études pour venir servir de main-d'oeuvre bon marché dans les hôpitaux", déplore le Dr Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, porte-parole de l'Amuf.Les soignants réclament davantage de moyens pour les années à venir. Alors que le budget de l'hôpital pour l'an prochain est en cours d'examen à l'Assemblée, ils savent déjà que les établissements hospitaliers devront trouver plus d'un milliard d'euros d'économie.

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