Éoliennes en mer : pourquoi la France est-elle si en retard ?

par LCI

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Cela fait dix ans que des pêcheurs s'opposent au futur parc éolien de Saint-Brieuc. Dans leur collimateur, 62 éoliennes implantées à quinze kilomètres des côtes. Elles produiront de l'électricité pour 835 000 habitants, soit un quart de la Bretagne. "Ce parc éolien va se trouver dans une zone très fréquentée, et où la biodiversité et la ressource halieutique se portent bien. Nous nous sommes battus pour protéger cela, et aujourd'hui ils vont tout détruire en essayant d'y implanter leurs éoliennes", confie Julien Tréhorel, patron armateur.Après plusieurs recours, l'État a rejeté ces arguments et accorde aujourd'hui son feu vert au promoteur pour débuter les travaux : livraison prévue en 2023. Ce genre de litige illustre en partie le retard pris par la France ces dernières années.Alors que sa façade maritime est la plus vaste d'Europe, elle ne compte qu'une seule éolienne pilote au large du Croisic, très loin des champions danois, hollandais et surtout britanniques avec leurs 2 294 éoliennes offshore.Cette course en queue de peloton est due aux lenteurs administratives. "La grande différence avec nos voisins, c'est qu'essentiellement la France, lorsqu'elle accordait les lauréats des appels d'offre, elle n'a pas en même temps donné l'ensemble des autorisations administratives. Donc entre le moment où les lauréats ont été sélectionnés et le moment où les différents débats, recours, concertations ont été soldés, il s'est passé dix ans", explique Michel Gioria, délégué général de la FEE.

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