Enquête : les repas de l'espace élaborés par des chefs étoilés

par LCI

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Thierry Marx, chef étoilé, cofondateur du Centre français d'innovation culinaire, Paris-Saclay, élabore une nouvelle recette, qui va peut-être partir dans l'espace. Mais cuisiner en apesanteur n'est pas sans contrainte : zéro microbe, donc surcuisson et beaucoup de gouts. "On a la contrainte de cuisson, de la viscosité de la chose, son épaisseur si je prends un terme de cuisinier, et de maintenir suffisamment de saveur, beaucoup de saveurs. Parce qu'en apesanteur, vous perdez le sens du gout", explique-t-il. Dans l'espace, les odeurs ne circulent pas de la même façon. C'est donc comme manger avec le nez bouché. Thierry Marx avait déjà fait les plats du premier voyage de Thomas Pesquet en 2016. Il connaît les procédures et les produits interdits comme les champignons frais, le fromage et l'alcool. Ceux qui font de miette sont aussi à écarter car elle pourrait s'envoler dans les yeux ou les conduits de ventilation. Et pour éviter toute contamination microbienne, la recette est au gramme près. Pour conserver également les plats, le conditionnement est primordial. Et c'est une ancienne entreprise bretonne, réputée pour ses pâtés, qui a obtenu l'agrément de la NASA pour mettre en boîte la nourriture des astronautes. "Il faut que le produit dure dans le temps. Parce que entre le moment où la conserve va être réalisée ici, et le moment où le produit va être dégusté, il peut se passer une année, une année et demie", explique Loïc Hénaff, président du directoire Hénaff. La société Servair, qui élabore les plateaux-repas d'Air France, a également obtenu cet agrément. Ancien pilote de cette compagnie, Thomas Pesquet ne sera pas dépaysé. Plus que nourrir les estomacs, la nourriture spatiale a aussi pour but de maintenir le moral de l'équipage. Et pour cela, rien ne vaut un bon repas.

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