Covid-19 au Brésil : le variant local provoque une hécatombe

par LCI

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Dans cette favela de São Paulo, une mère pleure son fils de 22 ans. Il est décédé faute d’avoir pu être mis à l’hôpital en soins intensifs. “Ils l’ont laissé là, sachant qu’il avait besoin d’oxygène. Son cas était vraiment très grave. Il n’a eu ni oxygène ni place en réanimation”, déplore la dame. Les hôpitaux de la province de São Paulo sont pleins, mais la crise est invisible. Les malades sont priés de rester chez eux en attendant qu’un lit se libère. Ils seraient 1 500 sur liste d’attente ce vendredi. À la périphérie de la ville, des hôpitaux de campagne, créés il y a un an, ont rouvert. Comme celui-ci dans la zone la plus pauvre de l’agglomération. “Toute cette partie, c’était un parking. On déchargeait le matériel ici. Aujourd’hui, c’est occupé par 38 lits”, explique une infirmière. Ici, les patients intubés et ventilés peuvent être stabilisés, mais les soignants ne disposent pas du matériel complet de réanimation face au variant brésilien omniprésent et particulièrement agressif. Evelin Bavaro, une cadre de santé à l’hôpital public Franco Da Rocha dans la province de São Paulo, précise : “Les cas s’aggravent très vite, y compris chez les jeunes, c’est énorme. Vous pensez que tout va bien, que c’est stabilisé et tout à coup, ils décèdent”. Le week-end dernier, sept patients sont décédés ici. Dans la cour, cet infirmier veille sur les réserves d’oxygène avec une crainte : la pénurie. “On est inquiet dans toute la région, et particulièrement ici dans notre hôpital”, confie-t-il. Le confinement est très difficile à faire respecter dans les favelas, les quartiers pauvres, mais également ici en centre-ville. Cela explique, en partie, que le nombre de morts atteint des records chaque jour. Rien que dans l'État de São Paulo, 1 200 morts en 24 heures mercredi. Et pour le moment, seuls 5% des Brésiliens sont vaccinés. En attendant, aux portes de la ville, le ballet des pelleteuses ne cesse d’agrandir les cimetières. Jusqu’à 400 enterrements par jour jusqu’à la tombée de la nuit.

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