Ces soignants qui ont décidé de quitter l'hôpital

par LCI

  • info

Une jeune infirmière a accepté de témoigner de façon anonyme devant les caméras de TF1. Après seulement 3 ans de pratique en hôpital et des conditions de travail qui se sont dégradées, elle a demandé de quitter son établissement. "On fait du non-stop. On ne s'arrête pas. On ne prend pas de pause. On ne mange pas. On fait nos transmissions. On continue derrière de finir notre travail et après, on s'en va. On a vraiment tous les types de soins et on est toute seule pour 48 patients", se confie-t-elle. "On s'épuise, on s'épuise, on s'épuise... et après on craque", poursuit-elle.Les démissions, les demandes de disponibilités des personnels hospitaliers sont en augmentation, surtout depuis un an. Mais partir de l'hôpital n'est pas si simple. "On ne peut pas laisser partir le personnel qui est en place parce qu'on ne pourra plus assurer les soins si on les laisse partir. Donc, ils font leurs demandes à leurs établissements pour partir. Et leur établissement est obligé de leur répondre : ok, on va te laisser partir, mais dans 6 mois, dans 9 mois, dans un an", explique Céline Laville, présidente de la CNI (coordination nationale des infirmières).De fait, arrêt maladie ou accident de travail se multiplient. Un an après le début de cette crise, une enquête récente montre que près de 70% des soignants se déclare épuiser par le stress et les conditions de travail. Mais Élodie, quant à elle, a décidé de quitter l'hôpital en novembre dernier pour devenir infirmière libérale. "Je leur en veux parce que j'ai l'impression qu'on n'a pas du tout été pris en considération. C'était bien beau de nous applaudir tous les soirs, mais pour nous, la surcharge de travail est toujours plus importante. Mais j'aime mon métier", dit-elle.Heureusement pour la relève, le métier d'infirmier a toujours la cote. Ce qui est moins le cas pour les aides-soignants. Faut-il encore que les étudiants choisissent de travailler en hôpital.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.