Afghanistan - Joe Biden, qui traverse la première grave crise de sa présidence, a défendu cette nuit sans ciller sa décision de retirer les troupes américaines

par Jeanmarcmorandini.com

Joe Biden, qui traverse la première grave crise de sa présidence, a défendu lundi sans ciller sa décision de retirer les troupes américaines d'Afghanistan dans une courte allocution. "Je suis le président des Etats-Unis et à la fin c'est moi qui assume. Je suis profondément attristé par la situation, mais je ne regrette pas" la décision de retirer d'ici le 31 août les forces américaines d'Afghanistan, où elles combattent depuis vingt ans, a-t-il dit.

Une vingtaine de minutes, c'est le temps qu'a consacré le président américain à un discours extrêmement attendu, après plusieurs journées de silence.

Sans répondre aux questions des journalistes rassemblés à la Maison Blanche, il a repris ensuite le chemin de Camp David, lieu de villégiature des présidents américains, où il était en vacances depuis vendredi et d'où il n'était revenu que lundi à la mi-journée.

Alors que la prise de pouvoir fulgurante des talibans et les scènes de chaos à l'aéroport de Kaboul ont sidéré le monde, le commandant en chef de l'armée américaine a tout juste concédé que "tout cela s'est déroulé plus rapidement que nous ne l'avions prévu." Pour Joe Biden, les Etats-Unis ont donné à l'armée afghane "toutes les options" possibles, en investissant lourdement dans son équipement et son entraînement.

"Les forces américaines ne peuvent pas, et ne devraient pas, mener une guerre et mourir d'une guerre que les forces afghanes n'ont pas la volonté de combattre pour eux-mêmes", a-t-il lancé, assumant d'être "critiqué". Et critiqué, le démocrate de 78 ans l'est, comme jamais depuis son élection, par tous les médias américains, y compris ceux qui avaient accueilli avec soulagement son élection.

"Que l'on trouve cela juste ou injuste, l'histoire retiendra que Joe Biden est celui qui a présidé à la conclusion humiliante de l'expérience américaine en Afghanistan", a asséné lundi le New York Times.

Face à cette vague, la Maison Blanche de Joe Biden, cette machine bien huilée, a semblé tétanisée ces derniers jours. Il s'est écoulé presque une semaine entre la dernière prise de parole publique du président sur l'Afghanistan, mardi dernier, et son discours de lundi.

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