À Stalingrad, « quand on appelle la police, ils nous disent que les toxicos sont trop nombreux, impossible de venir »

par Le Parisien

Depuis 2019, Nicolas, un riverain proche de la place de Stalingrad à Paris (19 e) vit un enfer. Comme tous les autres habitants du quartier. « Ça va faire presque deux ans que la situation s’est dégradée ici. Depuis l’évacuation de la colline au crack Porte de la Chapelle en 2019, les dealers et les consommateurs se sont regroupés ici », soupire-t-il. Au début de l’avenue de Flandre, chaque soir, des centaines de toxicomanes viennent squatter les trottoirs en bas de leurs fenêtres. Toute les nuits, ils se rassemblent pour récupérer des doses de crack ou d’héroïne, certains se battent, poussent des cris, lancent des objets en verre… Malgré de nombreux signalements à la police, au maire d’arrondissement et sur les réseaux sociaux, les riverains qui n’arrivent plus à trouver le sommeil, se sentent complètement laissés à l’abandon. « On a beau signaler, documenter en postant des photos, des vidéos sur les réseaux sociaux, ça ne bouge pas. Il y a une présence policière régulièrement, mais le problème revient toujours », se désole encore Nicolas. La tension est d’ailleurs montée d’un cran le week-end dernier durant deux nuits consécutives. Dans la nuit de vendredi à samedi, 14 tirs de feux d'artifice ont été constatés, puis la nuit suivante 23 tirs de mortiers d'artifice ont été tirés en direction des toxicomanes.

Sur des vidéos filmées par des riverains et diffusées sur Twitter, on s’aperçoit que ces tirs proviennent du rez-de-chaussée d’un immeuble, sans pour autant en identifier les auteurs. Mais pour Nicolas et d’autres habitants du quartier, cela ne fait presque aucun doute : il s’agirait de riverains excédés qui auraient visés un groupe de consommateurs de crack. Une enquête a été ouverte mardi pour « violences avec arme » pour identifier les auteurs de ces tirs de mortiers et leurs motivations.

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