Violences familiales: les 22.000 pharmacies prêtes à accueillir les victimes

Violences familiales: les 22.000 pharmacies prêtes à accueillir les victimes
Enseignes lumineuses de pharmacie à Lille,le 11 avril 2013

, publié le vendredi 03 avril 2020 à 18h01

"Violences familiales: votre pharmacien est là": les 22.000 pharmacies du territoire ont reçu la procédure pour accueillir et aider les victimes de violences, en augmentation depuis la mise en place du confinement, a-t-on appris vendredi auprès des syndicats de pharmaciens.

"Aujourd'hui (vendredi), tous les pharmaciens ont été informés de la procédure", a déclaré à l'AFP Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, estimant que "l'accueil va pouvoir monter en charge progressivement la semaine prochaine".

Ce dispositif d'alerte dans les pharmacies, permettant aux victimes de trouver de l'aide pour contacter les secours, avait été annoncé jeudi dernier par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Deux jours après, une première femme s'était rendue dans une pharmacie de Nancy pour dénoncer les violences de son compagnon, qui a ensuite été interpellé.

Désormais, sur le site de l'ordre national des pharmaciens, qui a élaboré le dispositif avec le gouvernement, les gestionnaires d'officines peuvent télécharger fiches pratiques pour accueillir les victimes, flyers et affiches avec les numéros d'urgences, a constaté l'AFP.

L'hypothèse d'utiliser un "code" pour s'adresser à son pharmacien, évoquée par M. Castaner, ne figure pas dans les documents.

Le pharmacien a "deux fonctions", a détaillé Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France: "d'abord isoler la victime pour recueillir son témoignage et pouvoir immédiatement appeler les secours si besoin, puis, dans un deuxième temps, lui conseiller les numéros d'urgences", le 3919 pour les victimes de violences conjugales et le 119 pour les enfants.

L'appel à ses structures pourra être passé directement en officine, "des lieux de proximité ouverts pendant le confinement, en première ligne au niveau de la santé", a-t-il ajouté.

Le confinement, décidé il y a près de trois semaines pour éviter la propagation du coronavirus, est une période à risque qui peut exacerber les violences au sein de la famille, subies chaque année par plus de 250.000 femmes et 52.000 enfants.

Selon le ministère de l'Intérieur, les signalements de faits ont ainsi augmenté de 32% en zone gendarmerie et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris pendant la première semaine.

Ce dispositif d'alerte, mis en place pendant la durée de l'épidémie, devrait "pouvoir se prolonger et devenir pérenne", a estimé M. Bonnefond.

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