Quand des implants en céramique sauvent un motard de l'amputation

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Le docteur Philippe Deluzarches et son patient Dominique Morange, le 8 juillet 2021 à Aurillac
Le docteur Philippe Deluzarches et son patient Dominique Morange, le 8 juillet 2021 à Aurillac
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© AFP, MEHDI FEDOUACH
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publié le vendredi 09 juillet 2021 à 11h29

Des implants en céramique, chargés en antibiotiques, ont permis d'éviter une amputation des deux jambes à un homme de 58 ans victime d'un accident de moto, a-t-on appris jeudi de source hospitalière et auprès de la "medtech" de Limoges I.Ceram, spécialisée dans les prothèse de haute technologie. 

"Je ne suis pas encore prêt pour ces JO, mais les prochains, pourquoi pas!", se réjouit Dominique Morange qui aujourd'hui se sent "libre et autonome" grâce à ces implants bourrés de technologie. "C'était totalement inespéré pour moi".

Victime d'un accident de moto le 28 mai 2020, Dominique Morange avait été projeté au sol sur la voie latérale. Une voiture lui avait roulé sur les jambes, lui causant de "multiples fractures ouvertes, infectées, avec des pertes osseuses importantes" aux deux tibias, selon I.Ceram.

Alors que le corps médical préconisait l'amputation en raison de nécrose des tissus et de l'apparition de plusieurs infections locales, le docteur Philippe Deluzarches, chirurgien orthopédiste au centre hospitalier Henri-Mondor d'Aurillac (Cantal), a misé sur la technologie développée par la société de Limoges I.Ceram.

"L'autogreffe était possible mais le substitut osseux se serait infecté. Sur des traumas sévères comme c'est le cas pour ce patient, la céramique chargée en antibiotiques était la solution", détaille le médecin, qui n'avait pas reçu l'aval de ses confrères.

Avec cette technologie, les parties de l'os infecté sont retirées et remplacées par l'implant qui diffuse alors des antibiotiques.

"Parfois, on ne peut pas administrer par les voies classiques (intraveineuses) de fortes doses d'antibiotiques sous peine de prendre de trop gros risques pour le patient. Ces doses peuvent être toxiques pour l'organisme. Les implants en céramique peuvent eux contenir des doses importantes d'antibiotiques pour un traitement local", souligne André Kérisit, le PDG de la société créée en 2005 à Limoges. 

Son premier implant chargé en antibiotiques a été posé avec succès dans un fémur infecté en 2017.

Pour le PDG, cette technologie peut être utilisée sur des patients souffrant de cancer des os, d'autant que "les chirurgiens sont démunis face aux métastases osseuses". 

Après avoir subi 11 opérations, Dominique Morange marche aujourd'hui en s'aidant de cannes. "Je me remets debout depuis novembre et je marche depuis décembre". "C'était lourd, fatigant mais le résultat est remarquable", témoigne ce Limougeaud d'origine, patron d'une société d'informatique. 

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