Société

"Pire que l'an dernier" : l'hôpital au bord de l'asphyxie alors que les vacances commencent

Depuis plusieurs jours, les syndicats de médecins de l’hôpital public appellent à la grève ces 3 et 4 juillet. Alors qu'ils réclament une revalorisation des salaires, ainsi que de meilleures conditions de travail, ils dénoncent une situation "pire que l'an dernier" rapporte franceinfo.

Une grève en pleine période de tensions les 3 et 4 juillet. Engorgement, manque de personnel, conditions de travail difficiles, salaires… Face à cet amoncellement de facteurs, les syndicats de médecins de l’hôpital public ont dû s’y résoudre. Ils estiment que la situation des hôpitaux est "pire que l'an dernier", rapporte franceinfo.

Parmi leurs revendications, les syndicats réclament une revalorisation salariale pour le personnel de nuit et du week-end, indique RMC. Aussi, dénonçant un manque flagrant de personnel, ils souhaitent que l’attractivité de la profession soit mise au premier plan. Selon les chiffres de la Fédération des hôpitaux publics (FHF), 30% des postes de praticiens hospitaliers seraient ainsi vacants. "On a l’impression que l’on est coincés dans une politique sanitaire générale avec des financements qui sont bloqués depuis des années, une population qui vieillit, qui est de plus en plus malade, qu’il faut de plus en plus soigner et des médecins qui sont de moins en moins nombreux et des conditions de travail hospitalières qui ne font que se dégrader. À un moment, ce climat n’est plus tenable", martèle Yves Rébufat, médecin au CHU de Nantes, auprès de franceinfo.

Les syndicats reçus au ministère de la Santé

Car si ces doléances peuvent sembler d’intérêt personnel de prime abord, c’est avant tout pour que les patients puissent être accueillis et soignés dans les meilleures conditions. Et ce, avant un été qui s’annonce particulièrement tendu. Si le ministère de la Santé appelle à composer le 15 plutôt que de se rendre directement dans un établissement de santé pour éviter l'engorgement, cette quasi-injonction ne plait pas aux professionnels. "'Vous faites le 15', c'est la réponse à tous les maux de la terre. Sauf qu'au bout du fil, la nuit, c'est deux personnes qui répondent. Donc si on dit à tout le monde d'appeler le 15, on risque d'avoir des temps de décrochés qui vont être long", déplore Caroline Brémaud, cheffe des urgences de l'hôpital de Laval, à franceinfo.

Cette grève devrait néanmoins avoir des conséquences limitées pour les patients, souligne Le Monde, car la plupart des grévistes vont poursuivre leur travail. Le mouvement devrait cesser mercredi 5 juillet, alors que les syndicats seront reçus au ministère de la Santé dans la journée de mardi.

publié le 3 juillet à 15h45, Orange avec 6Medias

Liens commerciaux