Pilules 3e génération: huit ans après, une plaignante verra son dossier instruit

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Marion Larat en mars 2014 à Bordeaux
Marion Larat en mars 2014 à Bordeaux
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© AFP

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 18h13

L'affaire Marion Larat, jeune femme lourdement handicapée après un AVC qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération produite par Bayer, fera l'objet d'une instruction au pénal après une décision de justice qui a infirmé un non-lieu prononcé en 2018, a annoncé lundi son avocat.

Parallèlement, au plan civil, Marion Larat, dont la justice avait reconnu la qualité de victime d'"un accident médical non fautif", s'est vu allouer par un jugement en septembre du tribunal judiciaire de Bordeaux, dont l'AFP a eu copie, des indemnités de 4,5 millions d'euros par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Avec ce revirement dans un dossier qui court depuis huit ans et concerne des milliers de femmes s'affirmant victimes chaque année de séquelles de contraceptifs hormonaux, la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris a indiqué, dans un arrêt en juillet, qu'"il a été estimé à tort que le lien de causalité entre la prise de (la pilule Méliane) et l'AVC n'avait pas été établi de façon certaine", a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Me Jean-Christophe Coubris, avocat de Marion Larat, a salué la désignation d'une juge d'instruction, qui devrait auditionner Marion Larat "d'ici la fin de l'année".

Fin 2012, Marion Larat, une ex-étudiante bordelaise d'alors 25 ans, était devenue la première Française à porter plainte, pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne", après un AVC en 2006 et un handicap à 65%, qu'elle impute à une pilule de la 3e génération, Méliane, produite par le groupe allemand Bayer.

A l'époque, l'affaire avait poussé les autorités sanitaires à anticiper le déremboursement des "mini-pilules" et ouvert la voie à quelque 130 autres plaintes, centralisées au pôle de santé publique du parquet de Paris. Mais en 2017, le parquet classait l'enquête concernant 29 marques de pilules contraceptives de 3e et 4e générations.

L'avocat de Marion avait alors déposé une plainte avec constitution de partie civile, entraînant désignation d'un juge d'instruction, mais une ordonnance de non-lieu avait été rendue en octobre 2018, d'où l'appel de Me Coubris.

Dans le sillage de l'affaire Marion Larat, le climat de défiance envers les pilules de 3e et 4e générations a suscité des chutes spectaculaires de leurs ventes. Et le combat médiatisé de la jeune femme "pour les autres victimes", lui avait valu de recevoir un prix "Femme de l'année" (France2/RTL/Marie-Claire).

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