Médecine: les robots, des assistants pour aider à traquer les tumeurs

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Un chirurgien pratique une tumorectomie assisté d'un robot à l'hôpital Edouard Herriot à Lyon, le 10 avril 2014
Un chirurgien pratique une tumorectomie assisté d'un robot à l'hôpital Edouard Herriot à Lyon, le 10 avril 2014
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© AFP, Jeff PACHOUD

publié le vendredi 25 novembre 2022 à 10h46

Les robots s'imposent de plus en plus à l'hôpital, où ils aident notamment à traquer des tumeurs et bouleversent certaines pratiques, même si leur intérêt à long terme doit encore être précisé.

A l'hôpital Gustave Roussy en région parisienne, l'équipe d'imagerie thérapeutique prépare la salle d'intervention pour la première patiente de la journée. Cette quinquagénaire a souffert d'un cancer du sein, et la chimiothérapie n'a pas suffi: le cancer a développé deux petites métastases, logées dans ses poumons.

La patiente a donné son accord pour être traitée avec l'aide d'un robot développé par une société française, Quantum Surgical. C'est le professeur Thierry de Baère, chef du service de radiologie interventionnelle, qui est aux commandes en ce début de matinée.

Cela fait plus d'un an qu'il utilise "Epione": une plateforme technologique composée d'un écran de planification et de contrôle, d'une caméra qui permet au robot de se repérer, et d'un bras robotique, qui guidera l'aiguille du traitement. 

Le médecin est spécialiste des opérations mini-invasives, qui consistent à cibler les nodules cancéreux. Il s'agit de viser la métastase avec une aiguille fine, qui, en émettant des ondes de radiofréquence, va permettre de détruire le nodule par la chaleur.

- Simplification -

"On va traiter la lésion du bas en premier", indique le radiologue à l'équipe de soignants du bloc d'intervention. "On repère notre cible, on regarde par où on va passer. Puis on choisit notre aiguille", détaille-t-il.

Une fois que le robot a planifié le trajet jusqu'à la métastase, et que ce choix a été validé par le soignant, les informations sont transmises au bras robotique, qui se positionne au bon angle: le médecin n'a plus qu'à pousser l'aiguille dans la trajectoire donnée, dans le corps, jusqu'à la métastase.

Cela prend quelques ajustements, surveillés par imagerie, la patiente étant allongée directement sous un scanner. En quelques manipulations, l'aiguille est en place, puis reliée à un générateur qui va détruire la lésion cancéreuse.

Le robot de Quantum vient de recevoir le prestigieux prix Galien de la start-up innovante aux Etats-Unis. En France, deux machines équipent des hôpitaux, à Gustave Roussy et au CHU de Lyon. Epione a été autorisé jusqu'ici dans les cancers de l'abdomen, une étude sur le poumon vient de démarrer.

"L'avantage du robot, c'est qu'il rend plus aisées des trajectoires qui sont normalement extrêmement complexes", explique le professeur de Baère.

Cela pourrait aider à démocratiser des pratiques réservées aux centres les plus en pointe, selon Bertin Nahum, président co-fondateur de Quantum Surgical.

"Planter une aiguille au travers de la paroi abdominale et cibler une lésion de quelques millimètres est un acte difficile, réservé souvent à quelques radiologues. La robotique permet de généraliser un acte à très forte valeur ajoutée", dit-il.

- Coût élevé -

Les robots en radiologie sont relativement nouveaux, tandis qu'en chirurgie, ils sont présents depuis près de vingt ans. Il existe ainsi des milliers d'exemplaires à travers le monde du tout premier, "Da Vinci", du groupe américain Intuitive Surgical, leader du secteur.

Le marché global des robots chirurgicaux - 5 milliards de dollars en 2021 - devrait atteindre 21 milliards d'ici à 2030, selon le cabinet Strategic Market Research. Mais ces équipements ont un coût non négligeable - environ 1 million d'euros pour Epione -, qui pose la question de leur supériorité. Il y a quelques années, les autorités sanitaires américaines avaient d'ailleurs indiqué qu'il n'y avait pas de preuve de l'amélioration des procédures par robot, en tout cas dans certains cancers.

"Les bénéfices en matière de survie, comparés à la chirurgie classique, ne sont pas avérés", avaient-elles jugé.

L'intérêt de ces robots doit donc être mieux évalué, comme l'estime le professeur Morgan Roupret, chirurgien responsable du programme robots de l'AP-HP.

"C'est pour cela qu'à l'AP-HP, nous sommes en train de créer une base de données de patients opérés au robot, de façon à démontrer en vie réelle qu'ils sont opérés dans de meilleures conditions que ceux opérés en méthode traditionnelle", souligne-t-il. Le chirurgien cite notamment de moindres complications, ou encore de plus petites cicatrices pour les patients.

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