Maladie de Lyme: ils attaquaient des labos sur la fiabilité de leurs tests, 93 patients déboutés

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La justice a débouté jeudi 93 personnes atteintes de la maladie de Lyme qui demandaient la condamnation de deux fabricants auxquels ils reprochaient un manque de fiabilité de leurs tests
La justice a débouté jeudi 93 personnes atteintes de la maladie de Lyme qui demandaient la condamnation de deux fabricants auxquels ils reprochaient un manque de fiabilité de leurs tests
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© AFP, ALAIN JOCARD
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, publié le vendredi 03 juillet 2020 à 09h07

La justice a débouté jeudi 93 personnes atteintes de la maladie de Lyme qui demandaient la condamnation de deux fabricants auxquels ils reprochaient un manque de fiabilité de leurs tests, retardant selon eux la prise en charge de leur pathologie.

Dans cette première procédure groupée en France concernant la maladie transmise par les tiques, les demandeurs réclamaient 500.000 euros de dommages et intérêts chacun aux laboratoires DiaSorin et Bio-Rad pour leur "préjudice d'anxiété" né, selon eux, de l'incertitude sur la fiabilité de leurs tests.

Pour eux, les fabricants auraient manqué à leur "obligation de vigilance" en les mettant sur le marché.

Le tribunal de Nanterre a cependant jugé que ces tests étaient "conformes à l'état de la technique généralement reconnu", dans une décision dont l'AFP a obtenu copie.

Fondé sur des relevés sanguins, le test "Elisa" fabriqué par DiaSorin et Bio-Rad est systématiquement utilisé depuis 2006 pour dépister la maladie, en vertu d'un protocole établi par les autorités sanitaires. S'il est négatif, le dépistage sérologique s'arrête là.

"Ces tests sont calibrés selon l'état de la science au moment de leur mise sur le marché, avec des limites qui sont explicitées de façon détaillée dans les notices destinées à leurs utilisateurs", indique le tribunal. Or "les demandeurs n'établissent pas, ni même ne soutiennent que des recherches plus récentes auraient permis d'obtenir d'autres résultats présentant un niveau de performance ou de fiabilité supérieur".

Jugeant cette décision "décevante", les avocats des demandeurs, Catherine Faivre et Julien Fouray, n'ont pas souhaité commenter le fond avant d'avoir pu en informer leurs clients. "Un appel est envisagé", ont-ils seulement indiqué à l'AFP.

Me Faivre avait souligné à l'audience le 5 mars que "plus d'un malade sur deux" ne pouvait être détecté avec ce type de test, censé permettre d'isoler les anticorps attestant d'une infection par la Borrélia, la bactérie transmise par piqûre de tique.

Le problème de fiabilité réside notamment dans le fait que "les laboratoires ne recherchent que trois souches pathogènes" alors qu'il en existe "entre 15 et 20", avait martelé Me Faivre.

Selon la défense de la multinationale Bio-Rad, les trois souches recherchées sont les "plus courantes" en Europe.

Et le fait que les tests puissent produire des faux négatifs et des faux positifs est "inhérent à la technique", avait pour sa part avancé la défense du laboratoire italien DiaSorin.

Sollicités par l'AFP, les avocats des laboratoires n'ont pas réagi à la décision du tribunal.

En France, la maladie de Lyme a touché plus de 68.500 personnes en 2018, soit en moyenne 104 cas pour 100.000 habitants, selon les dernières estimations publiées par l'agence Santé publique France.

Elle se guérit facilement par prise d'antibiotiques lorsqu'elle est dépistée rapidement, mais est difficile à identifier dans ses formes tardives.

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