Les infirmiers-anesthésistes manifestent pour exiger la "reconnaissance" de leur statut

Chargement en cours
Des infirmiers-anesthésistes manifestent à Paris le 25 novembre 2021
Des infirmiers-anesthésistes manifestent à Paris le 25 novembre 2021
1/2
© AFP, Martin LELIEVRE

publié le jeudi 25 novembre 2021 à 21h11

Après trois semaines de mobilisation et des opérations "bloc mort" dans les hôpitaux, des collectifs d'infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) ont manifesté jeudi dans plusieurs villes pour exiger la "reconnaissance" de leur statut par les autorités.

Leur métier requiert un double master et "sept ans d'étude": "trois ans d'école d'infirmière, deux ans d'exercice professionnel obligatoire, puis deux ans de spécialité anesthésiste après admission au concours", détaille Sylvie Moreddu, IADE mobilisée à Marseille avec une cinquantaine d'autres soignants.

Or cette spécialité est désormais "mise à mal" par la nouvelle possibilité offerte aux "infirmières de base" de devenir infirmières en pratiques avancées (IPA) et de réaliser, à l'issue d'une formation plus courte, des actes auparavant réservés aux IADES, estime-t-elle.

"Des gens qui n'auront pas passé de concours auront un statut plus valorisant que le nôtre", s'inquiète Cécilia Torrent, 42 ans, infirmière-anesthésiste à Auch (Gers) qui affiche sur sa blouse bleue "Sans statut, je suis à nu".

Comme elle, environ 1.000 infirmiers, selon la préfecture de police, avaient fait le déplacement pour prendre part à la manifestation organisée à Paris entre Denfert-Rochereau et le ministère de la Santé.

Au-dessus des blouses bleues flottaient des banderoles "infirmiers anesthésistes en danger" ou encore "les IADES ont besoin d'1 dose de respect".

A l'heure de la cinquième vague de Covid-19, plusieurs manifestants ont évoqué une "situation intenable", alors que les IADES sont particulièrement mobilisés dans les blocs opératoires, en réanimation ou encore aux urgences.

"On a eu sept départs sur une équipe de quinze". "Burnout,(...) du jamais vu", confie Annick B., infirmière-anesthésiste à Compiègne depuis 29 ans.

Pour se protéger, les IADES exigent donc "un statut qui correspond à notre exercice quotidien, c'est-à-dire le statut d'AMPA: Auxiliaire médical aux pratiques avancées", permettant de reconnaître notamment leur autonomie, pose Isabelle, 50 ans, infirmière à Lyon, où une cinquantaine de personnes étaient rassemblées.

Sans cette reconnaissance, le mouvement continuera, promettent les soignants, déterminés à poursuivre leur grève. "Là on ne va pas s'arrêter", s'exclame Cécilia Torrent, soulignant que "les sages-femmes ont eu un peu ce qu'elles voulaient" après maintes semaines de mobilisation.

Lundi, le gouvernement a annoncé la signature avec une majorité de syndicats hospitaliers d'un protocole d'accord pour les sages-femmes, incluant notamment une "prime d'exercice médical" de 340 euros net par mois et une augmentation salariale de 78 euros net en moyenne.

"Si eux l'ont obtenu, pourquoi pas nous", espère Annick B.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.