Dans le vaccinodrome géant de Baltimore, les cris de bonheur d'un "nouveau départ"

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Le stade M&T Bank de Baltimore, transformé en vaccinodrome, le 20 mars 2021 dans le Maryland
Le stade M&T Bank de Baltimore, transformé en vaccinodrome, le 20 mars 2021 dans le Maryland
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© AFP, Eric BARADAT

, publié le vendredi 26 mars 2021 à 07h56

Une file de plusieurs centaines de personnes serpente jeudi sous un énorme plafond de béton, dans la brume du matin de Baltimore. Une femme sautille de bonheur devant une banderole affichant la raison de sa venue: "Aujourd'hui nous vous proposons Pfizer".

Liana Loewus, brune aux cheveux bouclés, est "folle de joie" d'avoir reçu sa première dose du vaccin contre le Covid-19. 

"Je n'ai pas été aussi heureuse depuis plus d'un an", confie à l'AFP cette Américaine de 38 ans devant l'entrée du stade des Ravens, l'équipe de football américain de cette ville portuaire et populaire de la côte est américaine.

L'enceinte de 70.000 places est l'un des nombreux vaccinodromes à travers les Etats-Unis dont les autorités se servent pour atteindre le nouvel objectif fixé ce même jour par le président Joe Biden: 200 millions de doses injectées dans les 100 premiers jours de son mandat.

L'opération, supervisée par des militaires, est impressionnante et millimétrée. Dans une ambiance de hall de gare, des soldats indiquent la voie aux futurs vaccinés. Ces derniers défilent dans les méandres du stade, aux gradins désertés depuis de longs mois.

Après un enregistrement à la chaîne et quelques marches d'escalator, le ballet incessant continue jusqu'à de petites tables individuelles. A peine le temps d'esquisser un selfie, chacun s'assoit, décline son identité, se fait piquer.

- Cris de bonheur -

Il y a pourtant là le sentiment de faire partie d'un moment historique, et l'émotion qui en découle est palpable. Une infirmière confie avoir vu une jeune femme fondre en larmes après avoir reçu son injection. Le Covid-19 a tué plus de 546.000 personnes aux Etats-Unis, un triste record mondial.

"C'est le début d'un nouveau départ", s'enthousiasme le sergent David Yarborough, 56 ans, chargé de superviser l'opération, et témoin de nombre de ces manifestations de joie.

Cet imposant militaire afro-américain se dit d'autant plus ému qu'il a ressenti une grande impuissance l'an dernier. Alors envoyé en Afghanistan, sa fiancée est tombée gravement malade du Covid-19.

"C'est là que je me suis rendu compte que ça pouvait toucher tout un chacun".

Natif de Baltimore, aumônier dans l'US Air Force, il se plaît à coordonner la grosse machine à vacciner de cette ville à majorité noire.

Une fois les patients vaccinés, et un petit sticker de félicitations apposé, ils observent par précaution une période de 15 minutes d'attente, en cas de survenue d'effets inattendus.

Des cris de bonheur retentissent alors dans la salle. D'autres appellent leurs proches pour partager l'heureuse nouvelle.

A la sortie du stade, la foule se disperse enfin. Les nouveaux vaccinés, pressés, retournent à leur travail, ramènent un enfant à l'école. Non sans s'accorder le temps d'une petite danse de joie, comme cet homme qui sautille, les poings levés, avant de tomber dans les bras d'une femme.

Pour Katherine Phillips, une résidente de Baltimore âgée de 58 ans, le vaccin qu'elle vient de recevoir ne signifie pas encore la fin de la pandémie durant laquelle elle raconte s'être confinée de manière très stricte avec sa fille.

Les larmes lui montent aux yeux. 

La délivrance viendra "quand je pourrai revoir mon frère que je n'ai pas vu depuis un an, alors qu'il habite dans la même ville".

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