Covid-19: Macron demande de tenir "encore quatre à six semaines"

Chargement en cours
Emmanuel Macron auprès de jeunes le 1er mars 2021 dans un centre de formation aux métiers industriels à Stains (Seine-Saint-Denis)
Emmanuel Macron auprès de jeunes le 1er mars 2021 dans un centre de formation aux métiers industriels à Stains (Seine-Saint-Denis)
1/3
© AFP, Thibault Camus, POOL

, publié le lundi 01 mars 2021 à 13h27

Emmanuel Macron, qui se rend lundi dans un centre de vaccination anti-Covid, demande de tenir "entre quatre et six semaines", en plein débat sur un renforcement des restrictions dans 20 départements qui craignent une nouvelle explosion de l'épidémie.

"Il faut tenir encore quelques semaines, quatre à six semaines", a affirmé le chef de l'Etat sans plus de précision, à l'occasion d'une visite à Stains, en Seine-Saint-Denis, à un jeune qui lui demandait d'au moins repousser le couvre-feu à 19H00 contre 18H00 "parce que c'est dur". 

La France, confrontée à une reprise épidémique soutenue, entame une semaine charnière dans la lutte contre le Covid-19, alors que le gouvernement tente d'éviter un reconfinement généralisé, comptant sur la vaccination et des mesures territorialisées pour contenir l'épidémie.


Des concertations sont actuellement en cours entre préfets et élus locaux de 20 départements, situés notamment en Ile-de-France et autour des grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille) qui craignent une nouvelle explosion des contaminations avec la propagation des variants. Des confinements locaux le week-end, comme à Nice et Dunkerque, pourraient être ordonnés à l'issue de ces consultations.

Parallèlement, l'exécutif mise sur la montée en puissance de la vaccination, notamment chez les plus vulnérables et les soignants, afin d'essayer d'atténuer la pression hospitalière. Jean Castex a annoncé qu'à la mi-mai, "la totalité des personnes de plus de 50 ans se seront vu proposer une première injection" contre le Covid-19. Pour l'heure, seuls près de trois millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,561 million deux doses.

Après Stains, Emmanuel Macron doit d'ailleurs se rendre dans un centre de vaccination à Bobigny, à l'Est de Paris, dédié aux séniors les plus précaires, deux mois après le début de la campagne de vaccination.

Lundi, plusieurs organisations de professionnels du spectacle (théâtre, musique, cinémas, etc.) ont appelé l'Etat à "changer de méthode" pour "déconfiner la culture", alors que l'adjoint à la maire de Paris David Belliard a plaidé pour "ouvrir les lieux culturels".

Le chef de l'Etat doit d'ailleurs tenir cette semaine une réunion avec des membres du gouvernement pour préparer la mise en place d'un "pass sanitaire", qui ne sera pas un "passeport vaccinal", en vue de la réouverture des lieux culturels et des restaurants fermés par la pandémie de Covid-19.

Au niveau européen, où l'idée d'un pass vaccinal doit être débattue, la France est parvenue dimanche à conserver ouverte sa frontière avec l'Allemagne, mais un test négatif de moins de 48 heures sera désormais exigé sans aucune exception à partir de mardi à 00H00 depuis la Moselle, une situation qui concerne 16.000 travailleurs français.

- Restrictions supplémentaires à Paris et sa région ? 

Trop lent? Les premiers effets de la vaccination sur la pression hospitalière et les décès sont attendus dans un mois, estiment les experts.

D'ici là, d'éventuelles nouvelles restrictions à Paris et en Île-de-France seront au cœur de réunions prévues lundi. 

La mairie de la capitale avait semé le trouble, vendredi, en réclamant un confinement de trois semaines, avant de faire marche arrière.

"Une décision comme celle-là ne peut pas être annoncée sans concertation avec les départements de la petite couronne et de la grande couronne", a estimé lundi le numéro un de La République en marche, Stanislas Guerini, sur Public Sénat.

Parmi les mesures proposées, mairie comme région réclament toutes deux un recours renforcé au télétravail. 

Le numéro deux du RN, Jordan Bardella, candidat tête de liste aux régionales en Île-de-France, a pour sa part estimé lundi sur RTL que "dans les zones de tension, il ne faut pas s'interdire des mesures locales".

Dimanche, à Paris, les 3.600 policiers et gendarmes déployés ont tenté de réguler l'afflux massif sur les quais de Seine. A Toulouse, la préfecture a interdit l'accès aux berges de la Garonne.

Les craintes d'une circulation hors de contrôle du virus est par ailleurs renforcée par la rentrée scolaire de la zone C, lundi, qui comprend notamment les académies de Paris, Toulouse et Bordeaux.

Près de 3.500 personnes atteintes du coronavirus étaient soignées dimanche dans les services de réanimation, un indicateur en lente progression, de même que le nombre de cas, passé de 140.000 à 150.000 en une semaine.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.