Covid-19: faute de vaccins, l'UE mise sur les tests rapides pour enrayer la deuxième vague

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d'une visioconférence à Bruxelles, le 28 octobre 2020
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d'une visioconférence à Bruxelles, le 28 octobre 2020
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© AFP, Virginia Mayo, POOL

, publié le mercredi 28 octobre 2020 à 18h24

L'UE mise sur les tests rapides et une meilleure coordination entre Etats pour tenter d'enrayer la nouvelle flambée de Covid-19, faute de vaccins disponibles avant avril dans le meilleur des cas, a indiqué mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Nous mobilisons à présent 100 millions d'euros (...) pour acquérir des tests rapides que nous allons distribuer aux États membres. Et nous lançons une procédure conjointe de passation de marché afin d'en obtenir davantage", a déclaré la chef de l'exécutif européen à la presse.

Ces tests antigéniques, moins performants que les tests PCR actuels, ne nécessitent pas d'analyse en laboratoire, et le résultat peut être connu en 10 à 30 minutes.

"Nous proposerons une approche à l'échelon de l'UE en matière d'approbation et d'utilisation" pour une "reconnaissance mutuelle des tests", a-t-elle insisté.

A la veille d'un sommet par visioconférence des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, Mme von der Leyen a réclamé une meilleure coordination entre Etats, depuis l'harmonisation des règles imposées aux voyageurs jusqu'aux stratégies de vaccination en préparation.

Alors que la deuxième vague de la pandémie touche durement l'Europe, engorgeant les hôpitaux au risque d'un reconfinement, Mme von der Leyen demande un meilleur partage des données sanitaires.

Ces données, réunies via le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), "nous aideront à savoir où il existe des capacités dans les unités de soins intensifs" ou si des transferts de patients par-delà les frontières "peuvent être organisés en cas de nécessité", a-t-elle fait valoir, rappelant que les "personnels médicaux sont exténués".

Elle demande aussi une interopérabilité accrue entre les applications de traçage nationales, invitant tous les États à relier les applications au portail européen lancé récemment.


Aucune "solution miracle", convient Ursula von der Leyen, mais autant d'outils pour tenter d'endiguer la pandémie dans ce qui s'annonce comme "une bataille encore longue, une échappée au long cours".

"Dans le meilleurs des cas", des vaccins ne seront disponibles en volume important "qu'à partir d'avril" et "même le vaccin n'est pas le remède miraculeux qui changera tout en un seul jour", a-t-elle rappelé.

De quoi augurer d'un hiver très compliqué: "Noël cette année sera un Noël différent ; tout dépendra de nos comportements", a-t-elle noté, tout en reconnaissant "la fatigue croissante" face aux mesures de précaution.

"Je comprends que nos concitoyens soient lassés (...) De nombreuses personnes souffrent moralement des restrictions persistantes de liberté et de l'isolement. Mais le temps n'est pas venu de relâcher nos efforts", a insisté Ursula von der Leyen.

La Commission cherche par ailleurs à faciliter les voyages indispensables à travers l'Europe en élaborant un "formulaire commun de localisation des passagers de l'UE" et en harmonisant les règles de quarantaine. 

En revanche, pas question pour l'heure de renforcer les mesures de soutien déjà prévues qu'il s'agisse du programme temporaire européen d'appui aux mesures de chômage partiel ou du plan de relance de 750 milliards d'euros.

"Le travail qui nous attend est titanesque, parlons de cela avant d'évoquer d'autres options sur la table", a insisté Mme von der Leyen.

Les dirigeants des Vingt-Sept se réuniront jeudi à 18H30 en visioconférence pour un sommet visant notamment à discuter d'une approche commune pour le déploiement des tests rapides.

"La gravité de la situation exige la plus grande coordination possible entre Européens" pour "ne pas revivre la situation initiale de fermeture des frontières" et pour "coordonner" les stratégies nationales anti-Covid et les politiques de test, a indiqué le président français Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien à Paris avec le Premier ministre estonien.

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