Covid-19 : début de la vaccination au Kirghizstan avec le soutien de Pékin

Covid-19 : début de la vaccination au Kirghizstan avec le soutien de Pékin
Une soignante administre le vaccin chinois Sinopharm au ministre kirghiz de la Santé Alymkadyr Beichenalïev à Bichkek le 29 mars 2021

publié le lundi 29 mars 2021 à 12h40

Le Kirghizstan a lancé lundi sa campagne d'immunisation contre le Covid-19 à l'aide de vaccins offerts par la Chine voisine, qui est accusée par les Occidentaux d'utiliser la vaccination comme un outil d'influence géopolitique.

Pays pauvre et montagneux d'Asie centrale, le Kirghizstan s'est vu offrir gratuitement début mars 150.000 doses du vaccin chinois Sinopharm. 

Cela permettra d'administrer deux doses à 75.000 personnes, soit un peu plus de 1% de la population kirghize de 6,5 millions d'habitants. 

La Chine, ainsi que la Russie, sont en concurrence politique et économique dans cette ex-république soviétique. Et ils y dominent pour l'heure la course aux vaccins. 

Le ministre kirghiz de la Santé, Alymkadyr Beichenalïev, a indiqué que son pays attendait jusqu'à un demi-million de doses du vaccin russe Spoutnik-V d'ici mai ou juin. 

Recevant lundi sa première dose du vaccin Sinopharm, devant les caméras, le ministre a affirmé que les soignants seraient prioritaires pour la vaccination, puis les enseignants, les gardes-frontières et les personnes à risque et de plus de 65 ans.

M. Beichenalïev a par ailleurs confirmé que le Kirghizstan avait suspendu la réception du vaccin AstraZeneca via le programme Covax, réservé aux pays les plus pauvres.

Il a indiqué que les autorités kirghizes attendaient les résultats des vérifications en cours sur l'usage de ce vaccin -- objet de suspicions après des cas graves de formation de caillots sanguins -- avant de l'utiliser.

La campagne de vaccination au Kirghizstan intervient alors que la tension monte en Occident au sujet de la livraison de vaccins russe et chinois.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué jeudi, à l'issue d'un sommet européen virtuel, "une guerre mondiale d'un nouveau genre", et les "attaques" et "velléités de déstabilisation - russes, chinoises - d'influence par le vaccin".

En Asie centrale, l'Ouzbékistan, pays de 34 millions d'habitants, a reçu samedi un million de doses du vaccin produit par la firme pharmaceutique chinoise Anhui Zhifei Longcom Biopharmaceutical. La campagne de vaccination doit y commencer cette semaine. 

Le Kazakhstan, pour sa part, a commencé à vacciner le mois dernier avec le Spoutnik-V.

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