Au milieu de chalets en bois, la protection civile au chevet des migrants touchés par le virus

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Un migrant pris en charge par la Protection civile à Saint-Aignan-Grandlieu (Loire-Atlantique) le 7 avril 2020
Un migrant pris en charge par la Protection civile à Saint-Aignan-Grandlieu (Loire-Atlantique) le 7 avril 2020
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© AFP, Loic VENANCE

, publié le jeudi 09 avril 2020 à 19h05

"Apporter du sourire, de la bonne humeur": dans un centre de vacances de Loire-Atlantique, la Protection civile prend en charge des migrants et sans-abris atteints du Covid-19 et sans lieu pour s'isoler.

Depuis le 27 mars, à Saint-Aignan-Granlieu, près de Nantes, les chalets en bois habituellement dévolus aux vacanciers abritent des malades du coronavirus dont l'état ne nécessite pas ou plus d'hospitalisation et qui n'ont pas d'endroit pour s'isoler.

"Je suis célibataire, sans enfant, donc à un moment, voilà, je tourne en rond chez moi", explique Charles Marion, bénévole. Ne pouvant plus exercer son métier en raison du confinement, il enchaîne les gardes de 24 heures où il conduit en ambulance les malades qui doivent être tenus à l'écart mais n'ont nulle part où loger dans des conditions décentes et sans risque de contaminer les autres.

Lui-même vêtu d'un masque et de gants, il aide à s'équiper ceux qui manipulent le brancard: charlottes, gants, masques et surblouses sont de rigueur.

Le centre, privé de séminaire, de mariage, de classes de découverte en raison de la crise, a été aménagé par la Protection civile à la demande de l'Agence régionale de santé (ARS), pour permettre l'accueil d'une cinquantaine de personnes. 

En quinze jours, Charles et ses collègues ont pris en charge une dizaine de malades qui ont soit quitté des établissements de santé après une hospitalisation Covid, soit déclaré des symptômes alors qu'ils séjournaient dans un hébergement d'urgence.

A l'arrivée à Saint-Aignan-Grandlieu, ils poussent jusque devant les élégantes terrasses des chalets les malades sanglés aux brancards. L'image des équipements médicaux surprend au milieu des maisonnettes en bois entourées de quelques fleurs.

Une infirmière et un médecin se chargent ensuite du suivi médical, auscultant les patients au lit ou sur la terrasse. Les journées sont aussi ponctuées par le nettoyage des chalets et la distribution des repas, des gestes chaque fois réalisés avec masques et gants de protection.

- "Etre protégés le plus possible" -

Un peu partout en France, la protection civile est mobilisée aux côtés des soignants pour faire face à la crise sanitaire, avec dans chaque département des missions différentes en fonction des besoins.

Les quelque 150 bénévoles qui ont répondu présent en Loire-Atlantique se repartissent donc entre deux hôtels de l'agglomération nantaise où sont logés des personnes migrantes ou sans-abris qui ne sont pas malades et Saint-Aignan-Grandlieu, où ils veillent sur les malades jusqu'à la disparition des symptômes pendant 48 heures.

Les deux équipes ne se côtoient pas pour éviter tout risque et Marine Clouet, qui assure la communication en même temps qu'elle officie dans le groupe de "première ligne" auprès des malades, estime que les bénévoles sont bien protégés et ont, pour un peu de temps encore, suffisamment de matériel de protection.

Ramener la maladie à la maison ? "Ce sont des choses auxquelles on pense, en sachant qu'on a vraiment bien mis les choses en place pour qu'on ait l'impression d'être protégé le plus possible".

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