VIDÉO. "The Voice" : Slimane dit avoir été victime d'un contrôle au "faciès" dans le Thalys

VIDÉO. "The Voice" : Slimane dit avoir été victime d'un contrôle au "faciès" dans le Thalys
Dans une vidéo sur Facebook, Slimane ("The Voice") affirme avoir été victime d'un contrôle d'identité abusif dans le Thalys (photo : le 12 novembre 2016 à Cannes).

Orange avec AFP, publié le mardi 24 octobre 2017 à 11h00

Dans une vidéo sur Facebook, le chanteur raconte son altercation avec trois policiers. Il affirme avoir été le seul passager d'un wagon dont l'authenticité de la carte d'identité a été mise en doute.

Les fonctionnaires lui auraient parlé comme à "la dernière ses sous-merdes".

"Ces personnes n'ont pas le droit, sous réserve de porter un uniforme, de nous parler comme si on était des incultes forcément dealeurs de drogue". Dans une vidéo publiée lundi 24 octobre sur sa page Facebook, le chanteur Slimane évoque la mauvaise expérience dont il a été la victime le jour même, dans un Thalys qui le ramenait de Bruxelles, où il est juré dans l'édition belge de "The Voice". "Je suis un peu énervé et surtout triste", commence le vainqueur de la saison 5 de "The Voice".



"SI TU CONTINUES, JE T'EMMÈNE AU TRIBUNAL"

"Je rentrais de Belgique où j'ai enregistré l'émission 'The Voice', j'étais dans le Thalys et il s'avère qu'il y a un contrôle dans le wagon. Tout le monde se fait contrôler, on nous demande nos pièces d'identité", explique-t-il. L'un des policiers garde alors sa carte d'identité "pour une vérification". "Et là, je me rends compte que je suis la seule personne (dont) il a gardé la pièce d'identité (...) Je commence à réfléchir et à regarder autour de moi : je me rends compte qu'il y a seulement des hommes (...) d'apparence caucasienne et que je suis la seule personne avec un faciès (...), avec un nom à connotation musulmane".

Il va donc demander "très gentiment" aux policiers, "avec beaucoup de politesse", pourquoi ils ont gardé sa pièce d'identité. Quand un des agents évoque "des problèmes de fausses cartes d'identité", il lui demande : "Est-ce parce que je n'ai pas un visage de Français ou l'allure de quelqu'un ayant la nationalité française ?" Et pointe le "caractère un peu raciste" du contrôle. L'un des policiers aurait alors "haussé le ton" et "crié très fort" : "Mais vous n'avez pas le droit de me traiter de raciste !" "Je commence à élever la voix aussi, poursuit Slimane. La seule réponse de ces policiers a été, avec un tutoiement bien sûr : 'Tu devrais te taire sinon je vais te contrôler'". Le policier aurait proféré ces paroles "en me pointant du doigt", affirme Slimane. "Si tu continues, je t'emmène au tribunal. Dès que te revois à la gare, je te contrôle", aurait insisté le fonctionnaire de police. "Je lui ai répondu qu'il pouvait me contrôler tous les jours de sa vie et qu'il n'allait rien trouver sur moi".

"LA PLUPART DES POLICIERS SONT DES GENS FORMIDABLES"

Le chanteur parle d'"une sorte de racisme du quotidien et de ségrégation". "Ça me rend triste parce que ça arrive trop souvent, que ça en devient banal, que personne n'a rien dit", déplore-t-il. "Je me suis retrouvé seul avec mon manager contre plusieurs policiers qui m'ont parlé comme si j'étais la dernière des sous-merdes qu'ils avaient rencontrées dans leur vie".

Je fais cette vidéo car (...) ça arrive plus souvent qu'on ne le croie, explique-t-il. Ça m'est déjà arrivé beaucoup de fois et ça arrive tous les jours à plein de personnes. Je ne suis pas du tout en train de pointer du doigt la police française parce que je sais très bien que c'est un métier très difficile et que la plupart des policiers sont des gens formidables", assure-t-il.

"DES GENS À QUI ONT FAIT SENTIR QU'ILS NE SONT PAS FRANÇAIS"

Mais il insiste sur "ce genre de contrôles un peu abusifs" à l'encontre de "gens qui se sentent de plus en plus différents et à qui on fait sentir qu'ils ne sont pas français". Selon lui, "quand on n'a rien à se reprocher, il ne faut pas avoir peur de pointer du doigt ce genre de comportement". Car "ces personnes n'ont pas le droit, (parce qu'elles portent) un uniforme, de nous parler comme si on était des incultes forcément dealeurs de drogue et forcément en tort".

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