Poupée ingénue et artiste engagée, le double jeu de la popstar Ariana Grande

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Ariana Grande, le 6 décembre 2018 à New York
Ariana Grande, le 6 décembre 2018 à New York
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© AFP, Angela Weiss
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AFP, publié le vendredi 12 avril 2019 à 19h25

Sous ses faux airs de poupée ingénue, la popstar américaine Ariana Grande cache une artiste maîtresse de son image sachant à la fois jouer de son sex-appeal et de ses prises de position féministes pour captiver son jeune public.

Rien, pas même les tragédies et les coups durs --l'attentat de Manchester à la sortie de l'un de ses concerts en 2017, le suicide de son ancien petit ami, le rappeur Mac Miller, ou la rupture de ses fiançailles avec le comédien Pete Davidson-- qui la poursuivent, ne semble pouvoir freiner son irrésistible ascension. 

Désignée femme de l'année 2018 par Billboard, Ariana Grande truste régulièrement les premières places des ventes de disques et d'écoutes en ligne aux Etats-Unis, et s'apprête à monter sur les scènes des plus grands festivals à travers le monde. 

La chanteuse deviendra ainsi ce weekend, à 25 ans, la plus jeune tête d'affiche de l'histoire du célèbre Coachella, dans le désert californien.

Née en Floride, la petite italo-américaine d'1,52 m, attirée par les lumières de Broadway, a rejoint New York à l'adolescence et n'a pas mis longtemps à se faire un nom, d'abord sur la chaîne pour enfants Nickelodeon, puis en sortant avec succès son premier album en 2013.

Mini-jupes colorées, longue queue de cheval, lèvres brillantes, battements de cils enchanteurs et paroles candides: Ariana Grande avait alors tout du prototype de la starlette pop à la Britney Spears.

Mais elle a ajouté ces dernières années à cette image ingénue une bonne dose de sex-appeal et d'engagement personnel, comme lorsqu'elle a publié en 2015 un long message féministe dénonçant l'appétit du public pour sa vie privée et celle d'autres femmes.

- Un engagement "creux" -

Grande adepte des réseaux sociaux pour faire taire ses critiques et se rapprocher de ses fans, les "Arianators", la jeune femme y flirte aussi paradoxalement avec la machine à rumeurs qu'elle prétend combattre.

Un double jeu dangereux illustré par son titre "God is a Woman", salué comme un hymne féministe par les uns, pointé du doigt comme une vision des femmes qui seraient asservies au plaisir masculin par les autres.

"En 2018, en plein mouvement #MeToo (contre le harcèlement sexuel) et au moment où les femmes essaient et parviennent à élever leur statut, être définies par notre sexualité est la dernière chose dont nous avons besoin", écrit Erin Parker dans le magazine culturel Nylon.

Jacqueline Warwick, spécialiste de la musique et des questions de genre à l'université canadienne de Dalhousie, reconnaît que l'engagement féministe d'Ariana Grande peut "sembler un peu creux".

Mais la popstar a aussi, selon elle, le mérite "d'évoquer le désir et de parler très franchement et directement de son plaisir sexuel, ce qui est certainement rafraîchissant et possiblement valorisant". 

"Ce n'est pas simple pour de jeunes artistes féminines d'être prises au sérieux et de connaître le succès dans le milieu de la pop sans faire ce qu'elle fait", ajoute l'universitaire. 

Saluée pour son soutien aux droits LGBT, Ariana Grande s'est aussi vu récemment reproché de vouloir s'attirer les faveurs de la communauté gay en laissant suggérer dans la chanson "Monopoly" qu'elle était bisexuelle.

"Je pense qu'elle a très bien réalisé que les gens s'intéressaient à sa vie sexuelle, et que ce n'était pas une mauvaise chose d'entretenir cet intérêt en lâchant quelques indices", analyse Jacqueline Warwick.    

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