Pluie de nouveaux chefs d'accusation contre R. Kelly, qui pourrait rester en prison

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R. Kelly quitte un tribunal de Chicago, le 26 juin 2019
R. Kelly quitte un tribunal de Chicago, le 26 juin 2019
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© AFP, KAMIL KRZACZYNSKI

AFP, publié le samedi 13 juillet 2019 à 01h17

Le chanteur américain de R&B R. Kelly, déjà accusé de multiples agressions sexuelles, a été interpellé jeudi en lien avec une série de nouveaux chefs d'inculpation, qui pourrait lui valoir un maintien en détention dans l'attente de son procès.

Deux actes d'accusation distincts ont été rendus public vendredi, l'un émanant du procureur fédéral de Chicago et l'autre de son homologue de Brooklyn. 

Les chefs d'accusation devaient lui ont été formellement signifiés lors de deux audiences séparées en début d'après-midi, au tribunal fédéral de Chicago. Un juge fédéral a ordonné son maintien en détention jusqu'à mardi, date d'une nouvelle audience lors de laquelle sera débattue sa possible remise en liberté sous caution.

Dans un tweet, l'avocat de l'artiste, Steve Greenberg, a indiqué que "les faits reprochés (semblaient) être de même nature" que ceux déjà mentionnés lors de sa double inculpation par le procureur de l'Etat de l'Illinois, avec plus de vingt chefs d'accusation au total.

Il s'agit cette fois de deux inculpations au niveau fédéral, qui portent sur des faits intervenus dans l'Illinois, mais aussi le Connecticut, la Californie et New York, selon les documents publiés vendredi. Ces derniers évoquent également des actes commis hors du territoire américain, sans plus de précisions.

Robert Kelly, de son vrai nom, y est accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec des mineures alors qu'il était lui-même majeur, un crime fédéral sous certaines conditions, d'avoir enlevé, séquestré, menacé et filmé, à leur insu, plusieurs jeunes filles. Au total, les deux nouveaux actes d'accusation comprennent près de 20 chefs d'inculpation.

- "12 ou 13 ans" -

Si certains faits remontent à 1996, d'autres, qui auraient été commis en Californie et à New York, sont datés de 2018. Aucune des dix victimes présumées mentionnées dans les deux actes d'accusation n'apparaît sous sa véritable identité.

Le document du procureur fédéral de Chicago, qui comprend 13 chefs d'accusation tous commis supposément en Illinois, évoque une jeune fille de "12 ou 13 ans" et une autre de "13 ou 14 ans".

Le manager de R. Kelly au début des années 2000, Derrell McDavid, a également été inculpé pour subornation de témoin et destruction de vidéos susceptibles de constituer des éléments à charge contre le chanteur.

Il est également accusé, de même qu'un employé de l'artiste, d'avoir participé à la réalisation de vidéos pornographiques mettant en scène des mineures.

"M. Kelly était au courant de ces enquêtes et cette inculpation n'est pas une surprise", a réagi sur Twitter l'avocat Steve Greenberg. L'artiste "attend impatiemment son procès, que la vérité éclate et qu'il soit innocenté après ces attaques sans précédent de personnes agissant par intérêt personnel".

R. Kelly, maintenant âgé de 52 ans, fait l'objet d'accusations répétées d'agressions sexuelles et détournement de mineures depuis plus de deux décennies, mais n'a jusqu'ici jamais été condamné.

Il avait été acquitté en 2008 à l'issue d'un procès lié à des enregistrements vidéo d'actes sexuels réalisés avec une jeune fille de 14 ans.

Certains des chefs d'accusation publiés vendredi à Chicago sont liés à cette jeune fille. Selon l'enquête, R. Kelly et son manager Derrell McDavid l'auraient poussée à produire de faux témoignages sur ses relations avec le chanteur et à dissimuler plusieurs vidéos dans lesquelles elle apparaissait.

Dans une interview en mars, R. Kelly a nié avec véhémence les accusations dont il fait l'objet, déclarant qu'il "se battait" pour sa vie. "Je n'ai pas fait ce genre de choses. Ce n'est pas moi", a-t-il assuré sur CBS News.

Dans un contexte post #MeToo, l'auteur et interprète du tube "I Believe I Can Fly" est revenu dans la tourmente avec la diffusion en début d'année d'un documentaire en plusieurs parties le mettant en cause pour de multiples agressions sexuelles, notamment de filles de moins de 16 ans.

Plusieurs enquêtes ont alors été ouvertes et la maison de disques Sony Music a mis fin au contrat qui liait sa filiale RCA au crooner star des années 1990. Malgré la controverse, il a maintenu au fil des années une base de fans solide et continué de se produire en concert.

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