Pakistan: Imran Khan sur le point d'être élu Premier ministre

Pakistan: Imran Khan sur le point d'être élu Premier ministre
Imran Khan, (à gauche), ex-champion de cricket pakistanais et nouveau député du parti PTI, prête serment en tant que Membre du parlement national, le 13 août 2018 à Islamabad (transmise par le parlement pakistanais)

AFP, publié le vendredi 17 août 2018 à 10h16

Le Parlement pakistanais devait élire vendredi le nouveau Premier ministre du pays, poste qui devrait sauf énorme surprise revenir à l'ex-champion de cricket Imran Khan, dont le parti a remporté les élections législatives du 25 juillet.

Le vote est prévu en début d'après-midi à la chambre basse du Parlement dans la capitale Islamabad et le nouveau chef du gouvernement pourrait prêter serment dès samedi. 

Le parti de M. Khan, le PTI, a largement remporté les législatives du 25 juillet mais n'a pas obtenu assez de sièges pour pouvoir former à lui seul le gouvernement. Depuis le scrutin, des négociations sont menées avec d'autres partis et élus indépendants pour la formation d'une coalition.

Son seul rival au vote de vendredi sera Shahbaz Sharif, chef de file du parti PML-N et frère de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, mais qui ne semble pas disposer de suffisamment de voix pour espérer l'emporter.

La campagne électorale, brève et acrimonieuse, a été dépeinte par certains observateurs comme une des plus "sales" de l'histoire du pays en raison de nombreuses manipulations présumées de la part de l'armée en faveur d' Imran Khan

Elle a aussi été marquée par une visibilité accrue des partis religieux extrémistes et par des accusations de fraudes le jour du scrutin. 

La nette victoire de M. Khan met un terme à des décennies d'alternance entre le PML-N et le Parti du peuple pakistanais (PPP), entrecoupée de périodes de pouvoir militaire. L'ex-champion a promis l'avènement d'un "nouveau Pakistan" et s'est engagé à lutter frontalement contre la corruption et la pauvreté.

Le PTI a déjà nommé un gouvernement provincial dans son fief du  Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest) et formé une alliance avec des partis régionaux dans la province du Baloutchistan (sud-ouest).

Il devrait être amené dans les prochains jours à former une coalition avec le PML-N dans la province centrale du Pendjab, la plus riche et la plus peuplée du pays. La province du Sindh (sud), reste aux mains du PPP.

Le PTI a également obtenu cette semaine les postes de président et vice-président de l'assemblée nationale, ce qui devrait aider M. Khan à mettre en oeuvre son programme de réformes.

Parmi les principaux défis qui l'attendent figurent la situation sécuritaire du pays, en amélioration mais toujours précaire dans certaines zones, une population en pleine expansion et des relations avec l'armée qui pourraient être tendues.

Il affrontera aussi une situation économique dégradée, qui pourrait le contraindre à requérir très rapidement un prêt du FMI.

Agé de 65 ans, M. Khan est populaire, idolâtré par des millions de Pakistanais pour avoir mené l'équipe nationale de cricket, sport roi dans le pays, à sa seule victoire en Coupe du monde en 1992.

Connu en Occident comme un ancien sportif d'exception aux nombreuses conquêtes, il présente aujourd'hui un visage beaucoup plus conservateur au Pakistan, où il s'affiche souvent un chapelet à la main.

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