Nabilla : "Je vais vous raconter mon histoire, la vraie, et je vais assumer tout ce qui s'est passé"

Nabilla : "Je vais vous raconter mon histoire, la vraie, et je vais assumer tout ce qui s'est passé"

Nabilla Benattia

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Orange avec AFP, publié le dimanche 10 avril 2016 à 00h00

La jeune femme raconte son adolescence chaotique, son ascension médiatique et le fait divers qui l'a fait connaître de tous ceux qui ne regardaient pas "Les anges de la téléréalité" dans son premier livre, "Trop vite" (Robert Laffont), qui sortira le 14 avril. À cette occasion, elle s'est confiée dans "7 à 8" sur TF1 ce dimanche 10 avril.



"Maintenant, je vais vous raconter mon histoire, la vraie, et je vais assumer tout ce qui s'est passé". Avant la sortie de son autobiographie, Nabilla Benattia, 24 ans, multiplie les interviews pour en assurer la promotion. La jeune femme, qui ne s'est plus affichée dans les médias depuis la soirée de novembre 2014 où son compagnon a été poignardé à l'issue d'une dispute, semble transformée. Le maquillage léger, les cheveux allégés de leurs longues extensions, en jean et chemise bleu ciel ample, celle qu'on connaît surtout par son prénom explique sur TF1 que son passage en prison l'a fait "mûrir". Consciente d'avoir été prise pour "une conne aux gros nichons et au QI de pois chiche", comme elle l'écrit dans "Trop vite", elle travaille désormais à changer son image... sans renier son personnage.

Découverte dans deux émissions de téléréalité ("L'amour est aveugle" sur TF1, alors qu'elle n'avait que 17 ans, puis "Les anges de la téléréalité" sur NRJ12), Nabilla explique : "Au début, ça m'amusait car je suscitais l'attention des gens (...) mais ça a mal tourné". Interrogée sur la fameuse séquence "Non mais allô quoi ?!" - qui a fait plus de 10 millions de vues sur internet -, elle reconnaît n'avoir "toujours pas compris" les raisons de ce succès.




"J'ai été d'un coup très médiatisée, très connue (...) J'avais tellement voulu cette célébrité que j'étais contente, je l'assumais, mais ce n'est pas tous les jours facile", raconte-t-elle, évoquant des réactions "vraiment blessantes". Elle se souvient ainsi les invitations à des événements médiatisés, comme des défilés de mode (elle a défilé pour Jean-Paul Gaultier) : "J'étais souvent rabaissée par les gens. Je me disais : je n'ai peut-être pas ma place dans ce monde".

- "Je n'avais pas 10.000 qualités" -

Lucide, Nabilla est consciente de l'image qu'elle a pu donner, celle d'"une conne, une bimbo, la soupe, le vide". "À un moment, tout le monde voulait avoir son avis sur Nabilla, et Nabilla c'est moi aussi", explique-t-elle, se dissociant de son personnage. Pour devenir célèbre, "j'ai travaillé, je me mettais en scène, je créais des situations (dans "Les anges de la téléréalité, ndlr), j'essayais de faire rire les gens", explique-t-elle. "Je n'avais pas non plus 10.000 qualités, je ne savais pas chanter, pas écrire (...) J'ai fait avec les moyens du bord, avec ma personnalité qui est atypique".

La jeune femme revient aussi dans cet entretien sans tabou sur sa relation avec son compagnon, Thomas Vergara, rencontré devant les caméras des "Anges". Elle évoque un "grand amour", un amour "véritable". Nabilla est pourtant mise en examen pour "tentative d'homicide volontaire", pour l'avoir poignardé au poumon durant une dispute en novembre 2014. Des faits pour lesquels elle a été placée en détention provisoire pendant cinq semaines à la maison d'arrêt de Versailles.

Revenant sur ce drame, elle explique que, ce soir-là, "deux personnes qui s'aimaient très, très fort se sont perdues, aspirées dans un tourbillon médiatique, avec une pression horrible sur les épaules (...) Ces deux personnes ont perdu pied. Moi la première". La jeune femme fait alors partie de l'équipe de chroniqueurs de Cyril Hanouna dans "Touche pas à mon poste" sur D8. Son compagnon lui reproche d'être "trop provocante", raconte-t-elle sur TF1. "Tu fais ta pute à la télé", lui assène Thomas. "Il a le rôle d'un père que je n'ai jamais eu, excuse la jeune femme, les larmes aux yeux. Il a un côté très protecteur avec moi". Or "le personnage que j'étais, parce que j'étais très jeune, dans le sexy, le regard des gens sur moi, ne lui plaisaient pas. Il avait peur pour moi", résume Nabilla. Lors de cette dispute, dans une chambre d'hôtel, "on a pété les plombs tous les deux. Si il y avait eu une louche, j'aurais pris la louche", écrit-elle. Mais elle trouve un couteau. "Ça se passe très vite, se souvient-elle, je veux que tout se calme (...) j'essaie de lui faire peur et il se passe quelque chose... C'était plus facile à dire dans le livre", s'interrompt-elle.

Aux enquêteurs, Nabilla donne plusieurs versions. Elle explique d'abord qu'ils ont été agressés, puis que Thomas s'est blessé seul... Une version "improbable", reconnaît-elle aujourd'hui, qu'elle a racontée "par peur". "Je n'assume pas, j'essaie de nous protéger", explique-t-elle. "Je me perds dans le mensonge, je ne sais pas quoi faire".

Interrogée sur sa relation avec Thomas, qui se poursuit malgré ce drame, malgré le contrôle judiciaire qui leur interdit de se rencontrer, elle explique : "Il sait que je ne suis pas quelqu'un de méchant. On ne se quittera jamais, c'est l'homme de ma vie".

- "En prison, les autres m'accueillent comme une fille normale" -

Nabilla revient aussi sur son passage en prison, à Versailles, "pas le château". "Je me demande où je suis tombée, j'ai faim, j'ai froid, j'ai très peur. Je ne peux pas survivre en prison !" raconte-t-elle. "J'ai mis deux semaines à vouloir sortir en promenade car j'avais peur du regard des autres". Mais, quand elle se décide à sortir, les détenues l'accueillent "comme une fille normale. On était toutes les mêmes, toutes solidaires", se souvient-elle.

En détention, elle apprend à vivre sans ses faux cils et ses extensions. "Je n'ai plus tout ça et je me sens très bien. Les talons de 15 cm ne sont pas très loin, mais on essaie de faire sans", résume Nabilla. "J'ai appris que le bonheur, c'est aussi la discrétion". Cette expérience "restera un mal pour un bien", estime-t-elle.

Nabilla avoue dans cet entretien avoir toujours gardé le contact avec Thomas, même en détention, "grâce au portable d'une détenue". "J'espère que je ne vais pas retourner en prison" pour cela, lance-t-elle, "car je vais bientôt être jugée". "Pour moi, c'est inconcevable de retourner là-bas", souligne-t-elle, visiblement émue.

- "J'ai essayé d'acheter une burqa" pour sortir incognito -

Pourquoi a-t-elle contourné son contrôle judiciaire et revu Thomas malgré l'interdiction ? "C'est comme vous, si on vous enlevait vos poumons", résume-t-elle. Dans son livre, elle raconte l'avoir revu pour la première fois en cachette dans un hôtel, le 31 décembre 2014. "On avait l'impression d'être hors la loi", se souvient Nabilla, qui raconte avoir "changé de portable sans arrêt" pour fuir les juges et les paparazzis. Mais les gens les reconnaissent dans la rue : "Tous les Français se sont transformés en paparazzis", poursuit-elle. La jeune femme raconte avoir tenté de se voiler pour rester incognito : "J'ai essayé d'acheter une burqa. Je suis passée par plein d'étapes très sordides".

Pourtant, Nabilla et Thomas sont les premiers à vendre la mèche, en publiant des photos de leur couple sur les réseaux sociaux. "La première année, on s'est caché correctement. Là, on en a marre. On demande que la justice nous laisse nous revoir. On s'aime, on veut se marier, avoir des enfants", justifie-t-elle. Convoquée pour non respect de son contrôle judiciaire, Nabilla raconte avoir été sermonnée par le juge, qui lui a dit : "Vous êtes médiatisée, vous devez montrer le bon exemple". "Mais je ne veux pas être un exemple, je veux juste être moi, être heureuse", se défend-elle.

Malgré ces déboires, la jeune femme n'a rien perdu de son humour de fausse ingénue. Interrogée sur le philosophe Alain Finkielkraut, qui l'a comparée à un "désert contemporain", elle lance : "Je n'ai jamais été dans le désert". Et, quand le journaliste lui demande si "ce coup de couteau n'a pas tué l'amour", elle répond en souriant : "Quelle métaphore ! Vous voyez que je suis intelligente...".
 
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