Michel Polnareff : son hospitalisation cache-t-elle un litige financier ? Son médecin répond

Michel Polnareff : son hospitalisation cache-t-elle un litige financier ? Son médecin répond
Michel Polnareff à Nice, le 8 novembre 2016. Le chanteur serait au centre d'un litige financier après l'annulation de deux concerts, révèle le JDD, le 11 décembre 2016.
A lire aussi

publié le dimanche 11 décembre 2016 à 16h43

Pendant une semaine, les fans de Michel Polnareff et les médias français ont été suspendus aux communiqués des médecins et des proches du chanteur. Tantôt entre la vie et la mort, tantôt "totalement sorti d'affaire", puis de nouveau sous assistance respiratoire, la star semble être au milieu d'un "imbroglio personnel", révèle le Journal du Dimanche, dimanche 11 décembre.

Les annonces alarmantes sur l'état de santé de Michel Polnareff pourraient avoir "servi à légitimer l'annulation de deux concerts", estime l'hebdomadaire, alors que le producteur des spectacles, la société Gilbert Coullier, a saisi ses avocats. Une somme de 500.000 euros en jeu. De son côté, le médecin du chanteur réfute toute complaisance.

Le 2 décembre dernier, Michel Polnareff annonçait dans une vidéo sur son compte Facebook, qu'il n'assurerait pas son concert prévu le soir même à Paris, étant dans "un état d'épuisement total". La veille au soir, selon les informations du JDD, il a dîné dans un prestigieux restaurant russe, en compagnie de son attaché de presse et de producteurs. À la fin du repas, après avoir consommé beaucoup d'alcool, l'artiste s'est effondré sur la table. "C'était impressionnant, je ne l'avais jamais vu dans un tel état", déclare son garde du corps, cité par l'hebdomadaire. Ce dernier porte alors le chanteur jusqu'à sa voiture, puis jusqu'à sa chambre d'hôtel, où il dormira jusqu'au lendemain 13 heures. "Il était en pleine forme à son réveil", assure son garde du corps.



Pourtant, quelques heures plus tard, l'organisateur du concert, Gilbert Coullier apprend que Michel Polnareff refuse de chanter le soir-même à la salle Pleyel. Soupçonneux, ses producteurs envoient à son hôtel un huissier de justice, qui constate que la star est installée au bar : Michel Polnareff y laissera une note de 362 euros, éditée à 19h04. L'huissier dresse un constat, que le JDD s'est procuré : "18h31, assis au bar devant un verre rempli, je constate la présence d'un homme d'âge mûr, les cheveux frisés mi-longs de couleur blond clair, portant des lunettes foncées et équipées de verres miroirs. Je reconnais l'homme comme étant M. Michel Polnareff."

S'engage alors un bras de fer entre la production et le chanteur, qui refuse de revenir sur sa décision, et s'attable au restaurant de l'hôtel avec sa compagne et son attaché de presse, au moment même où ses fans trouvent portes closes à la salle Pleyel. Vers 23 heures ce soir-là, il appelle SOS Médecins. Un généraliste l'ausculte, mais ne trouve pas son état alarmant. Le lendemain matin, samedi 3 décembre, Michel Polnareff assure à sa maison de disques qu'il est prêt à partir pour Nantes, où il doit donner le dernier concert de sa tournée. À ce moment-là, il semble "plutôt reposé", selon son garde du corps. Cependant, en début d'après-midi, le chanteur décide finalement qu'il n'ira pas à Nantes. Entre-temps, selon le JDD, il a pris contact avec un médecin du prestigieux hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Le Dr Siou le place en observation pour le week-end. Étrangement, les médias annoncent l'hospitalisation à 14h55, alors qu'il n'arrive dans l'établissement que 10 minutes plus tard, à 15h06.


Dans les jours suivants, médecins et proches alternent les annonces contradictoires : "pronostic vital engagé", rétablissement spectaculaire, "combat difficile". Le 5 décembre, le Dr Philippe Siou dit le chanteur "totalement sorti d'affaire", mais son chargé de presse dit deux jours plus tard qu'il est "sous oxygène". "Je suis droit dans mes bottes", a indiqué Philippe Siou à l'AFP. "J'ai des éléments purement factuels, j'ai des examens, des scanners où on voit des caillots de sang dans ses poumons". "Que les gens qui disent 'il n'a rien' viennent le voir. Qu'un magistrat saisisse un expert judiciaire et que cet expert judiciaire vienne dans notre hôpital, on lui sortira le dossier", ajoute-t-il. Interrogé sur l'hypothèse d'une imprégnation alcoolique, le médecin souligne que le bilan hépatique fait à l'entrée du chanteur à l'hôpital était "strictement normal".

Questionné ce dimanche par Le Parisien, le Dr Siou a réfuté toute complaisance : "je ne suis pas l'ami de Michel Polnareff, je suis médecin, un technicien, un praticien. Il a été victime d'une embolie pulmonaire et son pronostic vital était engagé (...) Je n'ai aucun état d'âme. Lorsqu'un expert sera nommé, il constatera sur les radios que ses vaisseaux pulmonaires étaient complètement bouchés". Et le médecin de préciser : "L'hôpital fonctionne avec un système à l'américaine, très légaliste, où tout ce que nous faisons est consigné. Je suis responsable de ce dossier, mais je ne suis pas seul à avoir pris en charge Michel Polnareff".


Le Dr Philippe Siou décrit aujourd'hui son patient comme "mentalement stressé", voire "complètement traumatisé" par ce qui se passe, de la gravité de sa maladie aux accusations dont il fait l'objet. "Je suis surpris de ce déni. Une embolie pulmonaire ne s'invente pas", a pour sa part réagi Fabien Lecoeuvre, l'attaché de presse du chanteur depuis douze ans. "Personne ne comprend ce déni de situation de Gilbert Coullier. Depuis le début il n'accepte pas l'embolie pulmonaire de Polnareff constatée et certifiée par les médecins. N'aurait-il pas payé la police d'assurance?", s'interroge-t-il, soupçonnant "un loup".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.