Le fils de Bobby Kennedy veut une nouvelle enquête sur son assassinat

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Robert F. Kennedy dans le Bureau Ovale en février 1961 avec son frère le président John F. Kennedy le directeur du FBI Edgar Hoover
Robert F. Kennedy dans le Bureau Ovale en février 1961 avec son frère le président John F. Kennedy le directeur du FBI Edgar Hoover
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AFP, publié le mercredi 06 juin 2018 à 22h33

Cinquante ans après l'assassinat de son père dont il porte le prénom, Robert F. Kennedy Junior souhaite une nouvelle enquête sur le crime. 

Un homme, Sirhan Sirhan, purge pourtant actuellement une peine de prison à vie en Californie, pour le meurtre de l'étoile du parti démocrate que l'on voyait s'emparer de la Maison Blanche.

Mais le fils de Bobby Kennedy n'est pas convaincu que le détenu d'origine palestinienne est bien le meurtrier, ou alors qu'il a agi seul.

- Destin tragique -

Frère cadet de John F. Kennedy, président des Etats-Unis assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, Bobby Kennedy a connu un même destin tragique moins de cinq ans plus tard.

Il a été assassiné à Los Angeles, à l'âge de 42 ans, le 5 juin 1968, alors qu'il était en bonne position pour remporter les primaires démocrates pour la présidentielle de l'automne suivant.

"RFK" venait d'achever un discours à l'hôtel Ambassador et quittait l'établissement, peu après minuit, en passant par les cuisines. Il a reçu plusieurs balles, dont l'une fatale au crâne. 

Malgré une intervention d'urgence en neurochirurgie, il a été déclaré mort au petit matin.

Sirhan, un homme de 24 ans né à Jérusalem et qui s'était installé aux Etats-Unis avec sa famille, a avoué le meurtre à son procès en 1969, tout en assurant ne pas se rappeler l'avoir commis.

Lors des débats, ont été produits des carnets sur lesquels il avait inscrit "RFK doit mourir", des pièces présentées comme des preuves de sa rage supposée contre l'appui de Kennedy à Israël.

Sirhan avait été arrêté dans les cuisines de l'Ambassador, un calibre 22 en main. Mais certains ont toujours défendu la thèse d'un deuxième tireur. 

Condamné à mort, sa peine a été commuée en réclusion à perpétuité en 1972.

Parmi les points troublants figure le fait que l'ex-ministre de la Justice et ancien sénateur de New York ait été touchée par une balle tirée à bout portant derrière l'oreille droite, alors que Sirhan était censé lui faire face.

- Combien de balles ? -

Selon un expert en acoustique, 13 coups de feu ont été tirés, mais l'arme de Sirhan n'avait une capacité que de huit cartouches.

RFK Junior, un juriste de 64 ans, continue d'entretenir de tels doutes, aux côtés de l'une de ses soeurs, Kathleen Kennedy Townsend, une femme politique aujourd'hui âgée de 66 ans. 

Ils font partie des neuf enfants survivants de Bobby et Ethel Kennedy, qui en ont eu onze.

Robert F. Kennedy Junior a révélé au Washington Post la semaine dernière qu'il avait rendu visite à Sirhan Sirhan en prison en décembre. Le détenu de 74 ans s'est vu refuser toutes ses demandes de remise en liberté.

"J'y suis allé car j'étais curieux et perturbé par les preuves que j'ai vues", a-t-il déclaré au quotidien.

"J'étais troublé à l'idée que la mauvaise personne puisse avoir été condamnée pour le meurtre de mon père", a-t-il ajouté.

Kathleen, ancienne vice-gouverneure de l'Etat du Maryland, s'est joint à son appel pour la réouverture d'une enquête car "Bobby avance des arguments convaincants".

Cette initiative est depuis longtemps défendue par Paul Schrade, un responsable syndical qui avait été blessé dans la fusillade en compagnie de quatre autres personnes.

- Les enfants divisés -

"Oui, (Sirhan) m'a bien tiré dessus", a-t-il dit au Washington Post. "Oui, il a atteint quatre autres personnes et a visé Kennedy", a poursuivi l'homme de 93 ans. Mais "l'important est qu'il n'a pas tiré sur Robert Kennedy". 

Et d'ajouter: "Pourquoi n'ont-ils pas traqué le deuxième tireur ?"

Deux autres enfants de RFK -- son fils aîné Joseph P. Kennedy II et Kerry Kennedy -- ont confié au Boston Globe être opposés à la réouverture du dossier, préférant privilégier l'héritage des idéaux défendus par leur père.

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