Le couple Pence, défenseur de la droite chrétienne à la Maison Blanche

Chargement en cours
Le vice-président américain Mike Pence et son épouse Karen, le 12 novembre 2018 à Tokyo
Le vice-président américain Mike Pence et son épouse Karen, le 12 novembre 2018 à Tokyo
1/3
© AFP, Kazuhiro NOGI

AFP, publié le jeudi 17 janvier 2019 à 20h26

A la page 11 du formulaire de candidature de l'école chrétienne privée Immanuel, les enseignants doivent s'engager à éviter les comportements suivants: "activité hétérosexuelle en dehors du mariage, activité sexuelle homosexuelle ou lesbienne, polygamie, identité transgenre, toute autre violation des rôles uniques des hommes et des femmes..."

L'école, située à Springfield près de la capitale fédérale Washington, bannit aussi les élèves ayant une "activité homosexuelle ou bisexuelle", selon la convention parentale.

C'est là que l'épouse du vice-président américain Mike Pence, Karen, est retournée cette semaine enseigner l'art à temps partiel, provoquant la colère d'associations LGBT.

"Nous ne faisons pas attention aux critiques", a commenté jeudi Mike Pence, dans une interview à la télévision catholique EWTN. Mais il a ajouté: "Les critiques contre l'éducation chrétienne en Amérique doivent s'arrêter".

C'est du reste pour son impeccable conservatisme religieux que Donald Trump avait choisi Mike Pence comme colistier, en juillet 2016.

A l'époque, les faits d'armes principaux de Mike Pence, gouverneur peu connu du petit Etat de l'Indiana, étaient une loi locale anti-avortement, et une loi dite de défense de la liberté de religion visant à protéger de toutes représailles judiciaires les commerçants opposés au mariage gay, par exemple un photographe ou un restaurant. Le projet de loi avait finalement été amendé.

Quant à la loi anti-IVG, elle voulait rendre obligatoire l'inhumation de foetus après un avortement et interdire une telle intervention pour cause d'anomalie génétique. Elle a été bloquée en justice.

Mais dans ces deux grandes batailles, Mike Pence avait conforté son image de champion de la droite chrétienne.

Depuis deux ans, cet ancien parlementaire de 59 ans au visage et au comportement lisses et à la chevelure blanche apparaît régulièrement aux côtés du 45e président américain.

Dans les réunions, il est souvent en retrait, les lèvres serrées et la tête hochant en signe d'approbation. Quand il s'exprime, il ne manque jamais, à la limite de l'obséquiosité, de témoigner de son admiration pour l'homme qui l'a sorti de l'Indiana.

- Le combat continue -

Tout le sépare de Donald Trump, divorcé, autrefois bavard sur ses conquêtes sexuelles, et qui a démontré à plusieurs occasions sa méconnaissance de la Bible.

"Je commence chaque journée par lire la Bible. Ma femme et moi essayons de prier ensemble avant que je quitte la maison tous les matins", a expliqué Mike Pence l'an dernier.

Il doit accueillir jeudi une table-ronde de militants "pro-life", à la veille de la manifestation annuelle du mouvement anti-avortement à Washington, la "Marche pour la vie". Mike Pence fut le premier vice-président à y prononcer un discours, en 2017.

"Nous ne nous reposerons pas tant que nous n'aurons pas rétabli une culture de la vie en Amérique", avait-il alors lancé.

C'est à l'église que Mike et Karen se sont rencontrés. Une église du mouvement évangélique, cette branche du protestantisme américain qui rassemble un Américain sur quatre.

Aujourd'hui, on les voit se tenant par la main durant des déplacements. Le vice-président commence souvent ses tweets par "Karen et moi prions pour..." Le couple est réputé inséparable, à l'ancienne, ce qui attire les moqueries.

En 2002, Mike Pence, alors parlementaire, avait confié à The Hill qu'il ne dînait jamais seul avec une femme autre que Karen, et qu'il n'acceptait pas d'invitation sans sa femme si de l'alcool était servi.

"Si on sert de l'alcool et que les gens se relâchent, je veux que la plus belle brune de la pièce soit juste à côté de moi", avait-il dit. S'il a déjà plaisanté sur cette vision traditionaliste du couple, il ne l'a jamais démentie.

Karen Pence, aujourd'hui 62 ans, partage les convictions conservatrices de son mari.

En 1991, l'enseignante avait écrit au quotidien Indianapolis Star pour se plaindre d'un article encourageant selon elle les enfants à penser qu'ils étaient gays ou lesbiennes, selon la lettre retrouvée par le Washington Post.

Depuis, le mariage homosexuel a été légalisé dans tous les Etats-Unis.

Mais il n'existe pas d'interdiction fédérale des discriminations anti-LGBT, ce qui permet à des employeurs comme la Immanuel Christian School de conserver ses règles contre "l'immoralité sexuelle".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.