Johnny Depp: le procès contre le Sun jette une lumière crue sur sa

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L'acteur Johnny Depp quitte la Haute Cour de Londres, le 10 juillet 2020.
L'acteur Johnny Depp quitte la Haute Cour de Londres, le 10 juillet 2020.
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© AFP, Tolga AKMEN

, publié le lundi 13 juillet 2020 à 18h14

Johnny Depp veut laver son honneur, le voilà amené à déballer son linge sale en public. Le procès intenté à Londres par la star d'Hollywood au tabloïd The Sun qui l'avait présenté comme un mari violent jette une lumière crue sur sa vie et le couple qu'il formait avec Amber Heard.

La star de "Pirate des Caraïbes", 57 ans poursuit depuis mardi dernier le journal britannique et sa société éditrice NGN pour l'avoir accusé en avril 2018 d'être un mari violent, ce qu'il dément avec force.

Pour sa défense, le journal invoque 14 accusations de violences formulées par son ex-épouse, qui remontent aux années 2013-2016. Le couple, qui s'était rencontré en 2011 sur le tournage de "Rhum Express", a divorcé après moins de deux ans d'un mariage orageux, début 2017.

L'actrice de 34 ans avait alors évoqué "des années" de violences "physiques et psychologiques", des accusations vivement contestées par Johnny Depp. 

Dans la procédure de divorce, Amber Heard avait retiré sa plainte et Johnny Depp lui avait versé sept millions de dollars, que l'actrice avait reversés à des associations.

Sous le feu roulant des questions de l'avocate de NGN, Sasha Wass, l'acteur s'est retrouvé contraint de s'expliquer sur ses excès, l'alcool, les drogues dès l'adolescence, et de revenir sur les incidents qui ont ponctué la vie du couple qu'il formait avec Amber Heard.

Le choix même d'avoir fait ce procès divise les spécialistes du secteur. "Il a été extrêmement mal conseillé d'engager ces poursuites", estime l'avocat spécialiste du droit de la presse Mark Stephens, du cabinet Howard Kennedy.

Exposer un divorce difficile à un tel examen minutieux "est le sommet de la stupidité ou de l'hubris", a-t-il déclaré à l'AFP.

- "Impact permanent" -

A l'inverse, sa consoeur Emily Cox, du cabinet Stewart estime qu'il n'avait pas le choix. A "l'époque d'internet", ne pas poursuivre ces accusations graves portées contre lui "aurait sans aucun doute affecté sa carrière de manière bien plus significative que les détails de sa vie que le public voit aujourd'hui", a-t-elle déclaré dans le Daily Telegraph.

Contrairement à ce qui se faisait dans le passé, "des attaques de cette magnitude ont de nos jours un impact permanent à moins qu'elles ne soient attaquées en justice", estime-t-elle.

Audience après audience, chaque incident, jusqu'au plus scabreux, est passé au crible, Johnny Depp contestant sans relâche les accusations de violences conjugales, son avocat accusant Amber Heard d'avoir construit un dossier contre Johnny Depp, "une sorte d'assurance pour plus tard".

Vidéos, photos, enregistrements sonores, le tribunal a été plongée au coeur de l'intimité du couple.

"De Cendrillon", jolie princesse de conte de fées, "je suis devenu Quasimodo en 0,6 seconde sans avoir rien à dire", a-t-il déclaré vendredi, en référence au personnage du bossu de "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo.

Il affirmé que c'était Amber Heard, elle-même consommatrice de drogues et d'alcool d'après lui, qui cherchait la bagarre de manière chronique et que lui cherchait au maximum à éviter et fuir les conflits.

Johnny Depp accuse quant à lui son ex-épouse de violences, l'accusant par exemple de lui avoir occasionné une importante coupure au doigt avec une bouteille de vodka, ce que l'actrice dément.

Le procès est prévu pour durer encore deux semaines, avec les témoignages de deux anciennes compagnes de Johnny Depp, les actrices américaine Winona Ryder et française Vanessa Paradis, puis celui de Amber Heard en personne.

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