Hollywood: stars confinées, paparazzis déboussolés

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Des paparazzis et des curieux devant le domicile de Kanye West et Kim Kardashian à New York en octobre 2016
Des paparazzis et des curieux devant le domicile de Kanye West et Kim Kardashian à New York en octobre 2016
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© AFP, Angela WEISS

, publié le vendredi 17 avril 2020 à 11h55

Depuis que les stars restent cloîtrées dans leur villa au bord de la piscine à cause du coronavirus, les paparazzis d'Hollywood n'ont plus le moral, ni beaucoup d'activité.

Les boîtes à la mode, les restaurants chics et les plateaux de tournage fréquentés par les vedettes sont généralement cernés par les photographes à toute heure du jour et de la nuit. Mais tous ces établissements ont été fermés voici un mois dans toute la Californie pour endiguer la propagation du Covid-19.

Les photos volées de Ben Affleck promenant ses chiens ou de Cameron Diaz à l'épicerie, qui font le pain quotidien des journaux people, sont désormais denrée rare. Et des dizaines de paparazzis sont en embuscade pour les mêmes clichés, souvent assez décevants.

"Chaque photo en ce moment, c'est avec des lunettes de soleil et un masque sur le visage... on ne peut pas espérer avoir de meilleures images", explique Randy Bauer, fondateur de la célèbre agence photo Bauer-Griffin.

"La situation n'est vraiment pas réjouissante", lâche-t-il.

Selon ses estimations, la production de son agence a chuté de plus de 90% depuis que la Californie a décrété le confinement, passant de 7.000 clichés de célébrités par mois avant la crise sanitaire à environ 500 "au mieux" actuellement.

"Tout est chamboulé", se lamente le patron de cette agence qui fait travailler une vingtaine de photographes, généralement indépendants.

- "Dur à avaler" -

Les paparazzis ne sont qu'une des nombreuses branches de l'industrie du spectacle d'Hollywood à avoir été décimée par les mesures de confinement. Tournages suspendus, tapis rouges annulés... Les photographes n'ont plus rien à se mettre sous la dent alors que la demande n'a jamais été aussi forte, précisément en raison de cette pénurie provoquée par le coronavirus.

La presse people s'arrache même des photos volées de célébrités de seconde zone, qui n'auraient auparavant pas suscité de réel intérêt.

"C'est dur à avaler car on a la demande, mais pas de quoi fournir", enrage Randy Bauer.

Etant donné leur mauvaise réputation, les paparazzis ne s'attendent pas à beaucoup de compassion. "Il y en a en ce moment devant ma maison. Ils attendent, ils attendent une promenade qui ne viendra jamais", a écrit cette semaine Chrissy Teigen - épouse du chanteur John Legend - dans un tweet qui a été "aimé" 350.000 fois.

Le photographe Mark Karloff a récemment admis sur son "Paparazzi podcast" que "le grand public va juste nous huer si on se plaint de nos difficultés". "Mais nous sommes des pères de famille, nous avons des enfants, nous avons une famille; nous sommes humains aussi", a-t-il rappelé.

Auparavant, M. Bauer s'affairait à répartir sa troupe de photographes dans les lieux stratégiques de Los Angeles, à présent il les aide à s'inscrire au chômage. 

Pour la première fois aux Etats-Unis, les travailleurs indépendants pourront en effet bénéficier des allocations chômage en raison de la crise sanitaire.

Cela n'empêche pas les paparazzis d'espérer décrocher un gros chèque en continuant à traquer les stars et ils se bousculent parfois aux abords des villas cossues d'Hollywood.

L'autre jour, "c'était comme le far-west", a assuré le co-animateur de Mark Karloff, qui se cache derrière le pseudonyme de "Jedi".

"Je roule devant la maison de Kate Hudson et je vois quatre ou cinq types. Je passe devant chez Reese (Witherspoon) et j'en vois aussi un paquet. Il y avait des gars partout", a-t-il raconté.

Heureusement, il y a encore Ben Affleck, qui continue à promener ses chiens et se montre désormais avec sa nouvelle compagne Ana de Armas "encore plus qu'avant le coronavirus", assure M. Bauer. 

"Plus d'une fois, je me suis demandé pourquoi on voyait autant de célébrités promener leurs chiens. Et puis je me suis rendu compte que leurs employés ne venaient plus et qu'ils étaient bien forcés de le faire eux-mêmes!".

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