Flavie Flament confie avoir été violée par un "célèbre photographe" à 13 ans

Flavie Flament confie avoir été violée par un "célèbre photographe" à 13 ans
L'animatrice Flavie Flament, le 4 septembre 2014 à Paris.
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, publié le dimanche 16 octobre 2016 à 12h40

Dans son livre "La consolation", à paraître ce mercredi 19 octobre, l'animatrice révèle qu'elle a été violée par un célèbre photographe lorsqu'elle avait 13 ans. Elle refuse cependant de donner son nom car son "bourreau" est "juridiquement hors d'atteinte", les faits étant désormais prescrits.

Grâce à l'écriture, Flavie Flament a trouvé le courage de briser le silence à 42 ans et de raconter le drame de son enfance.

"J'étais en vacances au cap d'Agde (Hérault) avec ma famille", explique-t-elle au magazine Elle. "Nous étions à la terrasse d'un café un soir, sur le port. Je n'ai pas vu le prédateur arriver. Quand il a proposé à ma mère que je fasse des essais, elle a été ravie. Tout le monde savait qui il était". "Si on m'avait écoutée, comprise, soutenue, je n'aurais pas eu besoin d'écrire un livre", ajoute la présentatrice d'"On est fait pour s'entendre" sur RTL. "Garder un secret, c'est épuisant", raconte-t-elle également au JDD. "Puis, je me suis rendu compte que j'avais besoin de partager. On écrit en silence, mais c'est la parole qui libère. C'est terrible de ne pas être entendue".

"UNE DOMINATION À DOUBLE TITRE"

"À la lecture de ce récit, (l'écrivain et publicitaire) Grégoire Delacourt m'a écrit : 'Merci pour tous ces enfants saccagés'. C'est pour eux que j'ai écrit". "Les souvenirs sont intacts, ce ne sont pas des galets qui ont été polis par la mer (...) Ils reviennent avec la même violence que lorsque vous les avez vécus, mêmes sensations d'effroi, de sidération, d'abandon. Trente ans après, je me suis tout repris dans la gueule".



"Je n'ai pas été la seule à tomber dans ses griffes", poursuit-elle. "A propos de ces jeunes filles, il parlait d''aller faire son marché'. On savait qu'il avait une aura mondiale ; moi je venais d'un petit village de Normandie dont le nom est à peine écrit sur les cartes de France (Portbail dans la Manche, ndlr). Par son âge (il avait alors une cinquantaine d'années) et sa notoriété, c'était donc une domination à double titre. Cet écart social lui donnait une grande force dont il a su user, à tel point qu'il payait ma mère avec un pauvre Polaroid. C'est pour cela que j'ai écrit : 'Un viol = un Pola'".

"UNE RELATION FAROUCHE À L'INTIMITÉ"

Sa mère connaissait donc les actions du photographe ? "Elle est vivante. Mais je ne l'ai pas vue depuis très longtemps. Disons qu'on n'a plus de liens du tout. J'ai coupé les ponts avec tous ceux qui pouvaient m'empêcher de me consoler", explique l'animatrice de TF1 qui assure que cette épreuve l'a aidée à "affronter les projecteurs". "J'avais le sentiment que cette popularité me réchauffait, ça me donnait l'illusion d'une consolation alors que je vivais très mal cette sur-exposition".


A-t-elle souffert de l'intrusion des photographes de la presse people dans sa vie privée ? "Mon passé a probablement exacerbé ma réaction. Durant dix ans, je n'ai pas passé une seule de mes vacances sans un téléobjectif braqué sur moi. C'est très violent d'avoir constamment dix types qui vous scrutent de la sorte. J'en souffrais à en chialer", confie-t-elle. "Ça m'a fait traverser de vrais moments de dépression".

"J'ai une relation farouche à l'intimité. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, je sors très peu et pendant longtemps je n'ai pas ouvert la porte de chez moi", poursuit-elle. Son mari, l'animateur Benjamin Castaldi et ses deux enfants de deux mariages différents, connaissent son histoire. "C'est aussi pour eux que j'ai fait ce travail. Car il n'y a rien de pire que de récupérer en héritage un chagrin non formulé".

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