Espagne: le beau-frère du roi, plus proche de la prison, après sa condamnation en appel

Espagne: le beau-frère du roi, plus proche de la prison, après sa condamnation en appel
Iñaki Urdangarin, le beau-frère du roi d'Espagne Felipe VI quitte le tribunal de Palma de Majorque le 23 février 2017

AFP, publié le mardi 12 juin 2018 à 13h54

Iñaki Urdangarin, le beau-frère du roi d'Espagne Felipe VI, a été condamné mardi en appel dans une affaire de malversations à cinq ans et 10 mois de prison, une peine qu'il devrait avoir beaucoup de mal à éviter.

Urdangarin, 50 ans, dispose encore d'un recours possible devant le tribunal constitutionnel. Théoriquement, ce tribunal peut suspendre l'application de la peine, le temps de juger si les droits du beau-frère du roi ont été bafoués durant le procès. 

Mais selon la jurisprudence de cette instance, elle ne le fait pas pour des peines supérieures à cinq ans. 

Le feuilleton judiciaire entamé au début des années 2010 pourrait donc se finir derrière les barreaux pour le mari de l'infante Cristina, soeur cadette du roi.

"On peut s'attendre à ce qu'il aille" en prison, juge Ana Romero, auteur d'un livre sur la fin du règne de Juan Carlos, père de Felipe VI, auprès de l'AFP. "La réaction serait très négative pour la couronne" s'il n'y allait pas car "les gens diraient qu'il n'y va pas car il est le beau-frère du roi", ajoute-t-elle.

Interrogée, la maison royale s'est contenté de faire part de son "respect absolu pour l'indépendance du pouvoir judiciaire".

En première instance, Iñaki Urdangarin avait été condamné en février 2017 par le tribunal de Palma de Majorque (archipel des Baléares) à six ans et trois mois de prison pour avoir détourné entre 2004 et 2006 avec un associé des subventions attribuées à une fondation à but non lucratif qu'il présidait, appelée Noos.

Si sa condamnation pour détournements de fonds publics, fraude fiscale et trafic d'influence a été confirmée en appel mardi, il a en revanche été acquitté du délit de faux et usage de faux, ce qui explique la réduction de la peine de cinq mois.

Son associé Diego Torres a lui vu sa peine initiale de huit ans et six mois réduite à 5 ans et 8 mois. 

Relaxée en première instance, l'infante Cristina avait seulement été condamnée, dans le cadre d'une procédure civile en tant que bénéficiaire des gains obtenus par son mari, à une amende de 265.000 euros, diminuée mardi en appel à 136.950 euros.

Alors que la défense d'Urdangarin avait plaidé la relaxe, le ministère public avait demandé à la cour d'alourdir la condamnation à dix ans d'emprisonnement.

- Image ternie de la monarchie -

L'enquête avait démarré au début des années 2010, alors que l'Espagne s'enfonçait dans la crise économique. 

Combinée à d'autres scandales dont un voyage du roi Juan Carlos au Botswana pour une partie de chasse à l'éléphant en 2012 ou son amitié avec une aristocrate allemande, elle avait sérieusement terni l'image de la monarchie. Au point de précipiter l'abdication du roi en faveur de son fils Felipe en juin 2014. 

Avant cette affaire, Urdangarin, deux fois médaillé de bronze aux jeux Olympiques avec l'équipe espagnole de handball, avait été durant 14 ans membre de plein droit de la famille royale: du 4 octobre 1997, jour de ses noces somptueuses avec Cristina de Bourbon, jusqu'au 12 décembre 2011, date à laquelle il a été déclaré persona non grata au palais pour conduite "non exemplaire"...

Ecarté depuis des cérémonies officielles avec l'infante Cristina, Urdangarin s'est également vu retirer le titre de Duc qui lui avait été concédé. Et le couple s'est installé loin des paparazzis avec ses quatre enfants, en Suisse.

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