Dieudonné sera jugé au printemps pour fraude fiscale et blanchiment

Dieudonné sera jugé au printemps pour fraude fiscale et blanchiment
Le polémiste Dieudonné le 20 mai 2017 au théâtre de la Main d'Or, à Paris
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AFP, publié le lundi 12 novembre 2018 à 15h23

Le polémiste Dieudonné, soupçonné d'avoir dissimulé près de 1,5 million d'euros au fisc, sera jugé au printemps pour fraude fiscale, blanchiment ou encore abus de biens sociaux, a décidé lundi le tribunal correctionnel de Paris.

La 11ème chambre correctionnelle, spécialisée dans les affaires financières, a fixé le procès de Dieudonné M'Bala M'Bala aux 26 et 27 mars et 1er, 2 et 3 avril 2019.

Le polémiste avait été renvoyé en correctionnelle fin novembre 2017 pour fraude fiscale en tant que gérant de fait de sa société des Productions de la Plume, blanchiment de fraude fiscale, ainsi que pour l'organisation frauduleuse de son insolvabilité.

Lui et sa compagne Noémie Montagne devront aussi répondre d'abus de biens sociaux au détriment des Productions de la Plume. Et la société sera elle-même jugée, pour fraude à la TVA.

Les investigations, déclenchées en 2013, avaient mis au jour les énormes sommes en liquide manipulées pendant cinq ans par le polémiste de 52 ans, qui se disait à l'époque ruiné et insolvable, selon une source proche de l'enquête.

Dieudonné conservait "depuis des années des recettes de ses spectacles en espèces non comptabilisées" sur les comptes de sa société "dans des proportions importantes", écrit le juge Renaud Van Ruymbeke dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, selon cette source.

En janvier 2014, les enquêteurs avaient ainsi découvert plus de 650.000 euros en espèces dans les coffres-forts de la propriété d'Eure-et-Loir du couple, vendue par Dieudonné pour solder ses dettes, mais rachetée par sa société de production, officiellement gérée par sa compagne.

Dieudonné avait justifié cette somme par la billetterie récente de sa tournée en France pour son spectacle "Le Mur", plébiscité par ses fans pendant que les autorités l'interdisaient en raison de sketches jugés antisémites.

Par ailleurs, entre 2009 et 2014, le polémiste, qui ne remplissait plus que de faibles déclarations de revenus, voire aucune pour l'année 2011, avait néanmoins réalisé d'importants transferts d'espèces à l'étranger - près de 670.000 euros au total.

Le juge avait conclu au "prélèvement de la majeure partie des recettes en espèces des Productions de la Plume".

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), partie civile, avait porté plainte faute d'obtenir les dommages et intérêts que lui devait le polémiste après plusieurs condamnations pour diffamation ou provocation à la haine raciale. La Direction générale des finances publiques s'est également constituée partie civile.

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