Canada: plaidoiries finales des avocats de Gilbert Rozon, accusé de viol

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L'ex-producteur québécois Gilbert Rozon (c) arrive au tribunal pour le dernier jour de son procès pour viol et attentat à la pudeur, le 6 novembre 2020 à Montréal
L'ex-producteur québécois Gilbert Rozon (c) arrive au tribunal pour le dernier jour de son procès pour viol et attentat à la pudeur, le 6 novembre 2020 à Montréal
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© AFP, Eric THOMAS

, publié le vendredi 06 novembre 2020 à 23h26

Les avocats de l'ex-producteur québécois Gilbert Rozon, dirigeant déchu du groupe "Juste pour rire" jugé pour viol et attentat à la pudeur à Montréal, ont tenté vendredi de mettre en doute la fiabilité du témoignage de la plaignante lors de leurs plaidoiries.

La journée de vendredi devait initialement être la dernière de ce procès, avant que la juge ne mette son verdict en délibéré. Mais l'accusation n'a pas eu le temps de plaider et une nouvelle audience est prévue le 19 novembre, a annoncé en fin d'après-midi la juge Mélanie Hébert.

Gilbert Rozon avait été inculpé en décembre 2018 pour des faits qui se seraient produits en 1980 impliquant une victime, dont l'identité est protégée par une décision de justice. 

L'ancien juré de l'émission "La France a un incroyable talent" nie tous les faits qui lui sont reprochés et a plaidé non coupable.

"Un témoin peut être convaincant, mais ce n'est pas un indice de fiabilité", a déclaré vendredi lors de sa plaidoirie finale une avocate de M. Rozon, Isabel Schurman.

Selon la défense, il serait "dangereux" de déclarer l'accusé coupable en se fondant sur le seul témoignage de la victime présumée qui serait "teinté par le désir de faire payer M. Rozon" dans la foulée du mouvement Metoo.

La plaignante a été dépeinte comme une femme "n'ayant pas froid aux yeux". La défense a souligné toute la journée ses "trous de mémoire" et les "incohérences" présumées de certaines déclarations, qui selon les avocats de M. Rozon doivent entraîner l'acquittement de leur client "au bénéfice du doute".

Lors de précédentes audiences en octobre, l'ex-producteur avait affirmé que c'est la plaignante qui lui avait "imposé" un rapport sexuel dans une résidence au nord de Montréal en 1980 en venant le rejoindre dans son lit. Il a reconnu qu'il avait été "consentant". 

La victime présumée avait offert une version diamétralement opposée des faits. Elle soutient que M. Rozon avait d'abord tenté de l'embrasser avant de la violer quelques heures plus tard alors qu'elle dormait seule dans une chambre.

Tous deux se connaissaient. La plaignante et l'accusé étaient respectivement âgés de 20 et 25 ans au moment des faits.

Le fondateur du groupe "Juste pour rire" avait été éclaboussé par des accusations d'agression sexuelle en octobre 2017, qui l'ont forcé à quitter ses fonctions en plein mouvement #MeToo. Seule la plainte d'une femme avait finalement été retenue par la justice.

Plusieurs dizaines de manifestants, essentiellement des femmes, étaient présents devant le tribunal  pour protester contre les violences faites aux femmes et soutenir la victime présumée. 

Ils ont hué M. Rozon à son arrivée en début de matinée, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Il y a trois ans, le retentissement de cette affaire avait amené les chaînes françaises de télévision M6 et C8 à déprogrammer des émissions auxquelles Gilbert Rozon était associé.

Le groupe québécois "Juste pour rire", en crise à la suite de ces accusations, avait été repris en mars 2018 par l'agence de talents californienne ICM Partners et le comédien canadien Howie Mandel. 

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