Annulation du contournement de Beynac : Stéphane Bern se félicite

Annulation du contournement de Beynac : Stéphane Bern se félicite
Stéphane Bern à Dreux, Eure-et-Loire, le 2 février 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 09 avril 2019 à 13h31

La justice administrative a annulé mardi 9 avril le chantier du "contournement de Beynac", village médiéval touristique de Dordogne, un projet controversé depuis des années. Les travaux avaient été suspendus en référé en décembre par le Conseil d'Etat.

L'un des plus célèbres détracteurs du projet, Stéphane Bern a salué cette décision. 

Le chantier de contournement de Beynac (Dordogne) un projet controversé depuis près de 30 ans a été annulé mardi 9 avril par le tribunal administratif de Bordeaux (Gironde) mardi 9 avril.  Le tribunal administratif de Bordeaux, qui n'a pas suivi l'avis du rapporteur public à l'audience fin mars, estime que le projet porté par le département de la Dordogne "ne répond pas à une raison impérative d'intérêt public présentant un caractère majeur".



Le projet de plus de 32 millions d'euros, une déviation de 3,2 km autour du village de Beynac-et-Cazenac, comprenant aussi deux ponts et un pont-rail, dans une vallée touristique parsemée de châteaux, est principalement porté par le président du département Germinal Peiro (PS).

Des personnalités mobilisées 

Dans un tweet, Stéphane Bern, engagé de longue date contre le projet, a mis en garde le président du département. "Le tribunal administratif de Bordeaux annule l'arrêté @Prefet24 du contournement de #Beynac et suit l'avis du Conseil d'État. Il reste à espérer que Germinal Peiro et Benjamin Delrieu (conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, ndlr) respecteront enfin la loi républicaine pour cesser le massacre du patrimoine", écrit l'animateur dans un tweet. "J'espère que les électeurs se souviendront aux prochaines élections des menées du président du département et de ses affidés", lâche-t-il, interrogé par France Bleu Dordogne.


"Je suis très heureux pour les amoureux de la Dordogne", a-t-il par ailleurs déclaré à l'AFP. "C'était prévisible, c'était espéré pour tous les défenseurs du patrimoine, tous les défenseurs de l'écologie", a-t-il ajouté déplorant "une gabegie des deniers publics scandaleuse". "J'espère qu'au bout du compte cela va protéger cette magnifique vallée", a-t-il conclu, en référence à d'autres étapes judiciaires à venir. 

Un projet réapparu dans les années 2000

D'autres personnalités comme Nagui, Yann Arthus-Bertand, Corinne Lepage ou encore Franck Dubosc avaient également pris position contre le contournement de Beynac dans une tribune publiée dans le journal Sud Ouest. 

 


Dans sa décision, tribunal administratif enjoint au département "de procéder à la démolition des éléments de construction" déjà réalisés sur le chantier démarré début 2018, avec notamment la réalisation de deux piles de pont. Il enjoint également "à la remise en état des lieux". Cette décision est un énième rebondissement dans le dossier du contournement de Beynac, un dossier de plus de 30 ans réapparu depuis les années 2000, qui a cristallisé les oppositions de défenseur de l'environnement et du patrimoine, parmi lesquels Stéphane Bern, et des élus locaux.

Le président du département décidé à poursuivre le projet 

Les partisans du projet invoquaient en priorité des arguments de circulation routière, de sécurité, de nuisances, pour le bourg de Beynac (550 habitants), quand les opposants n'y voyaient qu'un problème estival, durant la saison touristique, et dénonçaient l'impact environnemental et paysager dans la vallée de la Dordogne. "Cette décision est ubuesque. Ce chantier a démarré avec toutes les autorisations nécessaires", a réagi pour sa part Germinal Peiro, déplorant une décision "méprisante pour les élus et la population du monde rural. L'intelligentsia ne s'intéresse au monde rural que pour y passer des vacances"

Le président du département a affirmé à l'AFP que sa "volonté de poursuivre le projet est intacte. Nous prendrons toutes les mesures adaptées pour cela. Nous ferons soit appel, soit nous lancerons une nouvelle procédure de zéro".

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