Zimbabwe: un journaliste lanceur d'alerte reste en prison

Zimbabwe: un journaliste lanceur d'alerte reste en prison
Le journaliste et lanceur d'alerte zimbabwéen Hopewell Chin'ono après sa libération, le 2 septembre 2020 à Harare

, publié le samedi 07 novembre 2020 à 00h07

Un journaliste et lanceur d'alerte zimbabwéen arrêté mardi pour outrage à la justice, accusé d'avoir violé les conditions de sa libération sous caution pour s'être exprimé sur Twitter, va retourner en prison, a-t-on appris vendredi lors d'une audience à Harare.

Hopewell Chin'ono, qui a remporté de nombreux prix de journalisme, avait été frappé d'une interdiction de diffuser des messages incitant à la violence ou encourageant des manifestations.

Sa nouvelle arrestation est intervenue après un tweet dans lequel il dénonce les pressions exercées par le ministre de la Justice sur les magistrats, dans l'affaire d'une dirigeante d'entrerprise minière arrêtée récemment à l'aéroport de Harare avec six kilos d'or dans son bagage à main. 

Le tribunal a ordonné qu'il reste en détention provisoire.

Son avocate a exprimé de sérieuses réserves sur ses conditions de détention, demandant notamment pourquoi le journaliste était placé à la prison de haute sécurité de Chikurubi, dans la banlieue d'Harare.

"Pourquoi est-il détenu avec les prisonniers les plus dangereux alors qu'il ne l'est pas lui-même? Pourquoi comparaît-il menotté et pieds entravés?", a demandé Me Béatrice Mtetwa.

Le journaliste est détenu dans la section D de cette prison, réservée aux condamnés à vie ou à la peine de mort.

Sa nouvelle arrestation est intervenue à peine deux mois après un séjour de 45 jours en prison pour incitation "à la violence publique" avant des manifestations anti-gouvernementales. 

Ces manifestations fin juillet, empêchées par un important dispositif policier et militaire, dénonçaient la corruption de l'Etat et la détérioration du niveau de vie au Zimbabwe. Hopewell Chin'ono avait appelé sur Twitter à participer à cette manifestation.

Sa première arrestation a eu lieu après des reportages exposant la corruption gouvernementale liée à l'achat de fournitures contre le Covid-19, qui avaient mené au limogeage du ministre de la Santé.

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