Une association veut faire entrer les lecteurs au capital des journaux

Une association veut faire entrer les lecteurs au capital des journaux
Un kiosque à Paris, le 16 avril 2013

, publié le lundi 28 septembre 2020 à 18h46

Permettre aux lecteurs d'entrer au capital de médias d'information et d'avoir une voix dans la prise de décision, c'est le but de la nouvelle association "Un bout du monde", dirigée par l'économiste Julia Cagé, qui cherche à lever 500.000 euros en ligne.

Créée par la Société des Lecteurs et le Pôle d'indépendance du groupe Le Monde (qui regroupe les sociétés de journalistes, des personnels, des lecteurs et les actionnaires minoritaires), l'association vise à "favoriser l'actionnariat de salariés et de lecteurs au sein du groupe Le Monde", mais compte aussi entrer au capital d'autres médias d'informations, indique la page du site de financement participatif Kisskissbankbank.

"On a malheureusement vu au cours des derniers mois, de +La Recherche+ au +Nouveau Magazine Littéraire+ en passant par +Libération+ ou encore +Les Cahiers du Cinéma+, que des médias pouvaient être fragilisés du jour au lendemain par leurs actionnaires, sans un temps suffisant pour organiser une mobilisation. Ce que permettra +Un Bout du Monde+, c'est la réactivité et l'émergence d'une solution alternative à un actionnariat non-démocratique", souligne l'association.

L'association agira dans trois domaines: l'entrée des citoyens au capital de médias via l'acquisition d'actions ou de parts sociales, le soutien d'initiatives de journalistes et salariés dans le but de devenir actionnaires de leurs titres et la défense d'une gouvernance plus démocratique des titres de presse.

"L'indépendance, ce sont les lecteurs et les journalistes qui doivent la garantir", estime l'économiste Julia Cagé, présidente de la Société des lecteurs du Monde et de la nouvelle association, qui défend un modèle de financement alternatif pour la presse.

L'initiative semble emporter l'adhésion des lecteurs: quelques jours après son lancement, l'opération a déjà récolté plus de 70.000 euros.

Au-delà de la collecte de fonds ouverte jusqu'à mi-novembre, l'association veut rassembler le plus grand nombre d'adhérents possible afin de peser sur la gouvernance des médias.

"Plus nous serons nombreux, plus nos actions de pédagogie, d'alerte, de relais des initiatives de journalistes et salariés seront efficaces. Il s'agit d'être prêts à intervenir, collectivement et en nombre, quand une situation de crise surgira", explique l'association.

D'autres projets de financement alternatifs ont émergé ces derniers temps comme le Fonds pour une presse libre (FPL), créé à l'origine pour sanctuariser le capital de Médiapart mais qui cherche désormais à soutenir financièrement des médias indépendants.

Dans la presse en ligne, l'association "J'aime l'info", qui permet de faire des dons défiscalisés aux médias, a collecté plus de 7 millions d'euros en dix ans, dont 2 millions sur 2020.

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