Un journaliste abattu au Honduras, le 85e en deux décennies

Un journaliste abattu au Honduras, le 85e en deux décennies
Les proches du journaliste abattu Luis Almendares attendent sa dépouille devant les locaux de la médecine légale, à Comayagua, au Honduras, le 28 septembre 2020

, publié le mardi 29 septembre 2020 à 02h17

Un journaliste hondurien a été tué par balles dimanche par deux inconnus circulant à moto, le 85e depuis 2001 dans ce pays d'Amérique centrale, l'un des plus dangereux du monde hors zones de conflit armé, a annoncé la police lundi.

Luis Almendares, 35 ans, un journaliste indépendant sur internet et critique du gouvernement, avait déposé une dizaine de plaintes pour menaces de mort auprès de la police et auprès d'une institution officielle de protection des journalistes, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

Le journaliste allait dimanche faire des courses à Comayagua, à 60 km au nord de Tegucigalpa, "quand il a été intercepté par deux individus sur une moto, qui ont tiré sur lui à plusieurs reprises", a indiqué la police dans un communiqué.

Touché par trois balles, Luis Almendares a été hospitalisé dans un état grave et est décédé lundi matin, a annoncé à l'AFP Amada Ponce, la directrice de l'ONG Comité pour la libre expression (C-Libre).

Un total de 85 journalistes, employés ou propriétaires de médias, ont été assassinés depuis 2001 au Honduras, et 90% de ces crimes sont restés impunis, a dénoncé Mme Ponce.

Le bureau au Honduras du Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme (HCDH) a "appelé instamment l'Etat hondurien à faire une enquête indépendante, rapide, efficace et impartiale" sur cet assassinat.

Les présidents de la Société inter-américaine de presse (SIP), Christopher Barnes, et de la Commission de la liberté de la presse et de l'information, Roberto Rock, ont exprimé leur indignation, en rappelant que 15 autres journalistes ont été assassinés sur le continent américain depuis le début de l'année.

Le président de l'Ordre des journalistes du Honduras Dagoberto Rodriguez, en réaction à l'assassinat, a annoncé le retrait de l'institution officielle créée par le gouvernement pour protéger les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme et les juristes. "Le gouvernement a laissé pratiquement ce mécanisme aller à la dérive en ne lui donnant ni moyens logistiques ni financiers", a-t-il dénoncé.

Il a fustigé l'impunité des auteurs d'assassinats de journalistes et de travailleurs des médias : "le gouvernement démontre que cela ne l'intéresse pas", a-t-il asséné.

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