Radio France: rupture conventionnelle collective plutôt que plan de départ

Radio France: rupture conventionnelle collective plutôt que plan de départ
Des salariés de Radio France manifestent devant le ministère de la Culture, à Paris, le 29 novembre 2019

, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 19h54

La présidente de Radio France a indiqué jeudi qu'elle préparait la suspension du plan de départs volontaires de la radio publique pour le remplacer par une procédure alternative et négociée, la rupture conventionnelle collective.

Après 52 jours de grève en dents de scie, Sibyle Veil a annoncé jeudi la préparation de cette rupture conventionnelle collective dans une lettre envoyée à tous les salariés de Radio France et que l'AFP a pu consulter. Tous les syndicats représentatifs avaient proposé cette mesure au cours des négociations, sauf la CGT.

"La direction a préparé un accord qui suspend le plan de départs volontaires le temps de négocier ensemble une rupture conventionnelle collective" (RCC), a précisé Sibyle Veil. 

Les syndicats demandent toujours, avant tout, à négocier une baisse du nombre de postes supprimés. Le plan présenté par la direction de Radio France prévoit 60 millions d'euros d'économies et 299 suppressions de postes (avec 76 créations de postes en parallèle).

La CGT a d'ailleurs reconduit jeudi la grève jusqu'au lundi 27 janvier. Plusieurs manifestants du groupe ont protesté dans l'après-midi à un évènement où le ministre de la Culture Franck Riester inaugurait une statue. 

A l'été, les représentants des salariés avaient déjà refusé cette RCC, et la direction avait alors lancé un plan de départs volontaires, qui ne nécessite pas leur accord. 

Les négociations doivent se poursuivre vendredi. Si aucun accord autour d'une RCC n'est trouvé, la direction de Radio France pourra revenir à la formule du plan de départs volontaires. 

"Tant de temps perdu!", s'est exclamé le SNJ dans un communiqué. "La PDG nous dit - entre les lignes - qu'elle a enfin décidé que Radio France pouvait négocier (...) Ouvrir une négociation nécessite qu'on veuille la mener à terme. Et cela passe par une diminution importante du nombre de postes supprimés". 

La rupture conventionnelle collective dans sa forme actuelle, issue de la réforme du code du travail de 2017, permet à une entreprise de se séparer d'un grand nombre de salariés, sur la base du volontariat, en négociant avec ses syndicats les conditions des départs (indemnités, mesures de reclassement...). L'accord doit être majoritaire et homologué par l'administration.

Sybile Veil s'y est dite "favorable parce qu'elle permet non seulement de favoriser les départs en retraite dans le total des départs volontaires à faire, mais aussi de continuer à recruter". 

Le ministre de la Culture Franck Riester lui a renouvelé son soutien en répétant que, "dans un contexte d'effort budgétaire général", l"effort demandé à l'audiovisuel public était soutenable", dans une interview parue jeudi dans Libération.

Le mouvement de grève à Radio France a connu des taux de participation variables, mais globalement en baisse depuis le début du mouvement le 25 novembre 2019. Mais les perturbations se poursuivent régulièrement sur les antennes du groupe.

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