Procès renvoyé en juillet pour le journaliste Taha Bouhafs

Procès renvoyé en juillet pour le  journaliste Taha Bouhafs
Le journaliste et militant Taha Bouhafs le 21 février 2020

, publié le mardi 25 février 2020 à 15h54

Le procès du journaliste et militant Taha Bouhafs pour outrage et rébellion envers un policier, qu'il accuse lui-même de violences lors de son interpellation mi-juin alors qu'il couvrait une manifestation de sans-papiers à Alfortville (Val-de-Marne), a été renvoyé au 3 juillet 2020.

"Etant donné qu'il y a une enquête de l'IGPN en cours, il me paraît opportun et dans l'intérêt de tous de renvoyer cette affaire à une date ultérieure", a annoncé dès l'ouverture de l'audience, où étaient présents de nombreux policiers et des soutiens du journaliste, la présidente du tribunal judiciaire de Créteil.

Le ministère public et le conseil de M. Bouhafs, Me Arié Alimi, ont également abondé en ce sens, demandant à ce que les conclusions de l'enquête IGPN soit versées au dossier.

Le 11 juin 2019, Taha Bouhafs, 22 ans, est interpellé alors qu'il filme avec son téléphone portable une manifestation de travailleurs sans-papiers devant la société Chronopost à Alfortville, en banlieue parisienne, pour le média Là-bas si j'y suis.

Placé en garde à vue dans la foulée "pour outrage et rébellion" sur des fonctionnaires de police, le journaliste, qui nie les faits, dépose également plainte pour "violences" par personne dépositaire de l'autorité publique et accuse un policier de lui avoir déboité l'épaule.

Au cours de son interpellation, son téléphone portable, avec lequel il avait filmé la scène, est placé sous scellés. 

Dans une décision du 12 novembre, consultée par l'AFP, le tribunal de Créteil a ordonné la restitution du téléphone de M. Bouhafs.

Or, "nous n'avons, à ce jour, toujours pas récupéré le téléphone, ce qui empêche notre défense", a indiqué à l'audience Me Alimi, qui a dénoncé "l'obstruction du parquet de Créteil".

Balayant la critique, la présidente du tribunal a plaidé un "problème de gestion du greffe" du tribunal et l'a invité à se présenter au greffe à l'issue de l'audience. Le téléphone a en effet été restitué à l'issue, a ensuite confirmé à l'AFP Me Alimi.

Originaire d'Échirolles dans la banlieue sud de Grenoble, Taha Bouhafs est connu pour avoir filmé Alexandre Benalla en train de violenter un couple place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai 2018 ainsi que pour ses reportages au cœur des mouvements sociaux.

M. Bouhafs est par ailleurs placé sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre la mise en examen et le statut de témoin simple, après avoir tweeté la présence d'Emmanuel Macron au théâtre des Bouffes du Nord en janvier dernier.               

adm/blb/shu                                                                

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