#MeToo: le présentateur Darius Rochebin se retire quelques jours de l'antenne de LCI

#MeToo: le présentateur Darius Rochebin se retire quelques jours de l'antenne de LCI
Le journaliste suisse Darius Rochebin, à Paris le 14 septembre 2020

, publié le samedi 31 octobre 2020 à 20h05

Mis en cause samedi dans une enquête du quotidien suisse Le Temps pour des paroles et des actes "déplacés" lorsqu'il officiait en Suisse, le journaliste Darius Rochebin se retire "quelques jours" de l'antenne de la chaine française LCI, qu'il a rejointe en août, et conteste vigoureusement les accusations.

"Darius Rochebin a souhaité être libéré quelques jours de l'antenne pour rejoindre sa famille et travailler avec son conseil", a indiqué le groupe TF1, auquel appartient la chaîne d'information en continu LCI. Le journaliste y anime la tranche 20-21H00 du lundi au jeudi, avec un grand entretien.

Il "conteste les accusations et rappelle qu'il n'a jamais fait l'objet de plainte. Il examine avec son avocat les suites juridiques à donner à cet article", poursuit le groupe TF1 dans un communiqué.

"Jamais je n'ai eu de relation non consentie ou illicite. Je me battrai donc contre les amalgames, les ragots ou les insinuations dont je suis victime et j'examine avec mon avocat la suite judiciaire que je donnerai", a déclaré Darius Rochebin, dans un communiqué transmis par son avocat, Vincent Solaris. Il dénonce "un récit malveillant", qu'il "conteste absolument". 

"Aucun incident de cette nature n'a jamais été signalé à LCI à l'encontre de Darius Rochebin", souligne pour sa part le groupe TFI, qui se dit "très attaché à la présomption d'innocence". L'entreprise "suit très attentivement cette affaire et prendra les mesures qui s'imposent selon son évolution".

Dans une longue enquête, "Le Temps", quotidien de référence en Suisse, décrit par le menu des faits de harcèlement et des "comportements déplacés" au sein de la RTS (le groupe public de radio et de télévision suisse) commis par plusieurs hauts responsables. 

Le gros de l'article est consacré à l'ancienne vedette du groupe audiovisuel, Darius Rochebin, 53 ans, qui y a présenté le journal du soir pendant plus de 20 ans, devenant ainsi un des visages les plus connus du petit écran en Suisse.

- "Mentor inespéré" -

Ton calme et courtois, regard distancié sur l'actualité, l'homme est réputé pour ses interviews. C'est à lui que le cinéaste Roman Polanski avait donné sa première interview en 2011 après son assignation à résidence en Suisse. Son entretien avec François Fillon, en octobre 2019, attire l'attention de TF1, qui lui propose de rejoindre le groupe à la rentrée suivante.

C'est le départ de Darius Rochebin qui aurait permis de délier les langues au sein de la RTS, avance Le Temps.

L'enquête s'appuie sur une trentaine de témoignages. La plupart des témoins sont cités de manière anonyme dans ce long article, mais le journal déclare avoir l'identité de chacun d'entre eux.

Ces personnes, des femmes et des jeunes hommes, racontent des paroles et des actes déplacés: baiser forcé, main d'une journaliste que le présentateur place sur ses parties génitales, conversations initiées sur les réseaux sociaux avec de jeunes gens, flattés de l'attention que leur accorde ce "mentor inespéré" (selon les mots de l'un d'eux), avant que les propos ne dérapent.

Hugo, qui a travaillé à la RTS entre 2011 et 2015 pendant ses études, dit avoir été flatté lorsque "la star de la rédaction" l'ajoute sur son compte Facebook. Mais ses messages privés "ambigus puis à caractère sexuel" provoquent son "malaise", écrit Le Temps.

Le journal critique aussi l'absence de réaction de la direction de RTS, pourtant alertée, selon le quotidien, à plusieurs reprises au fil des ans.

La RTS dit avoir "pris connaissance" de l'article. "Si les témoignages concernant les comportements de Darius Rochebin sont confirmés, la RTS fait part de sa consternation et condamne avec force tout manquement ou écart de conduite", affirme la chaîne. Elle assure que les cas portés à la connaissance de sa direction sont "traités avec diligence".

Le groupe public "va vérifier toutes les informations figurant dans cet article" et "réexaminer ses processus internes" sur ce type de situation.

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