Les salariés de L'Equipe refusent le plan d'économies

Les salariés de L'Equipe refusent le plan d'économies
Le plan d'économies de la direction de L'Equipe rejeté par ses salariés

, publié le mercredi 08 juillet 2020 à 18h25

Les salariés de L'Equipe ont de nouveau refusé le plan d'économies présenté par la direction pour permettre au groupe de médias sportifs de faire face à une période difficile.

"Nous ne nous dissimulons pas, nous ne signerons pas", a indiqué le délégué syndical SNJ Francis Magois à la Correspondance de la presse de mercredi, après une dernière réunion mardi avec la direction. 

La SAS L'Equipe regroupe le journal L'Equipe, L'Equipe Magazine, Vélo Magazine, France Football, Sport & Style, et emploie 355 personnes.

La direction avait estimé en juin que 2020 serait "la pire année de la SAS L'Équipe avec un déficit de plus de 16 millions d'euros". Le quotidien L'Equipe, qui a souffert de l'arrêt des compétitions sportives, ne voit pas d'amélioration immédiate et s'attend même à être dans le rouge en 2021 et 2022. 

Après plusieurs plans de départs ces dernières années, la direction souhaitait recourir à un "accord de performance collectif", un dispositif récent créé par les ordonnances Macron, qui autorise les entreprises en difficulté à renégocier avec les syndicats le temps de travail et les salaires.

La direction voulait notamment augmenter la durée de travail hebdomadaire, baisser le nombre de RTT, et demander aux salariés de baisser leurs salaires de 10%. La direction du journal s'engageait en contrepartie à ne procéder à aucun licenciement économique.

La direction a fait de nouvelles propositions vendredi 3 juillet, proposant notamment que les baisses de salaires soient réversibles à partir de 2025, et qu'un tiers des départs naturels soient remplacés. 

Mais ces propositions ont été refusées dans un courrier signé par 225 salariés. Ceux-ci proposaient de leur côté un effort sur le loyer du siège, sur les salaires des dirigeants, et surtout que la maison-mère du groupe, le groupe Amaury, aide le groupe à surmonter cette crise.

"Il n'y a pas de plan B", a averti le directeur général du groupe L'Equipe Jean-Louis Pelé. "Si nous ne devions pas aboutir sur cet accord de performance collective, nous devrions travailler sur de nouvelles sources d'économies qui engloberont toutes nos charges dont la masse salariale", a indiqué M. Pelé à l'AFP, sans parler de plan social.

"Notre priorité à date est de répondre aux contraintes économiques fortes qui touchent le groupe L'Equipe tout en maintenant l'emploi, c'est la vertu première de ce projet d'accord de performance collective. S'il ne devait pas aboutir, la contrainte économique resterait la même", a-t-il souligné. Les négociations restent ouvertes jusqu'au 31 juillet.

Selon Francis Magois du SNJ, Jean-Louis Pelé "a été étonné par la réaction des salariés qui n'acceptent plus toutes les réorganisations mises en place depuis 2012 et expriment un vrai mal-être".

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